Rédigé par Aboubacar Fofana et publié depuis
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Pollution : la justice néerlandaise rejette la plainte de 4 Nigérians contre Shell 30.01.13 | 12:02 | Le Monde.fr avec AFP Un champ détruit par une marée noire au Nigeria. REUTERS/© REUTERS PHOTOGRAPHER / REUTERS La justice néerlandaise a rejeté mercredi 30 janvier les plaintes de quatre fermiers et pêcheurs nigérians qui accusaient le géant pétrolier Shell d'avoir pollué leurs villages dans le delta du Niger, assurant que la société-mère n'avait pas l'obligation d'empêcher ses filiales, Shell Nigeria en l'occurrence, "de faire du tort à des tiers". La filiale Shell Nigeria a d'ailleurs été condamnée à payer des dédommagements dans une des cinq plaintes portées devant le tribunal, à savoir deux fuites de pétrole proches du village de Ikot Ada Udo en 2006 et 2007. Les quatre autres plaintes ont été rejetées. LE GÉANT PÉTROLIER "DOIT ÊTRE JUGÉ RESPONSABLE DES FUITES" La procédure, au civil, avait débuté en 2008. Les quatre pêcheurs et fermiers nigérians accusent Shell d'être responsable des fuites d'un oléoduc au Nigeria. Ils assurent en outre que le groupe pétrolier n'a pas nettoyé la pollution qu'il a provoquée et qui a détruit leurs terres et leurs étangs. Selon Milieudefensie, branche néerlandaise de l'ONG des Amis de la Terre, il s'agissait de la première affaire dans le cadre de laquelle une société néerlandaise était poursuivie aux Pays-Bas pour des faits à l'étranger. Avant même le verdict, Mene Eric Barizaa, le seul des quatre Nigérians présent mercredi à l'audience avait annoncé sa volonté de faire appel. UNE POLLUTION PLUS IMPORTANTE QUE DEEPWATER Shell nie toute responsabilité dans les fuites, assurant que la pollution pétrolière dans le delta du Niger est due en grande partie à des sabotages liés au vol de pétrole. Le géant anglo-néerlandais affirme en outre avoir nettoyé la pollution même s'il n'en était pas, selon lui, responsable. Selon les Amis de la Terre, la pollution pétrolière au Nigeria est deux fois plus importante que les 5 millions de barils qui avaient été déversés dans le Golfe du Mexique en 2010 suite à la fuite causée par l'explosion de la plate-forme Deepwater Horizon du britannique BP. Shell conteste ce chiffre et assure que la pollution au Nigeria est bien moindre. De nombreuses ONG accusent les grands groupes pétroliers d'appliquer des normes environnementales beaucoup plus laxistes à l'étranger que dans leur pays d'origine, ce que réfute Shell. >> Lire aussi : ""Kiobel vs Shell" : multinationales et droits de l'homme devant la Cour suprême américaine" Pétrole