Il s'agit d'un blog qui s'intéresse au devenir du continent Africain. D'où la prospective avant la proposition.
13 Janvier 2013
Le ministre français de l'Economie et des Finances, Pierre Moscovici, est arrivé hier en fin de journée à Pékin, pour une visite de deux jours au cours de laquelle il doit rencontrer plusieurs hauts dirigeants chinois. Il a affirmé, lors de ses premières déclarations, qu'il avait pour objectif de redonner confiance dans l'économie française, et de dire aux investisseurs chinois qu'ils étaient les bienvenus dans l'Hexagone. A ce sujet, il a notamment estimé que les investissements français en Chine étaient quatre fois supérieurs aux investissements chinois en France. «Nous avons intérêt à coopérer et vous pouvez investir chez nous. Vous êtes bienvenus, évidemment dans des conditions bien sûr qui sont des conditions sociales et en tenant compte aussi des intérêts qui sont français», a ajouté le ministre à l'adresse des investisseurs chinois, lors de l'émission «Tous politiques» France Inter -Le Monde -AFP.
Le but de cette visite est également de tenter de rééquilibrer une relation commerciale défavorable à Paris. En 2011, sur un déficit commercial français total de 70 milliards d'euros, la Chine a représenté 27 milliards, soit 38%, selon Bercy. Enfin, il s'agit de poser les bases de la nouvelle relation économique entre les deux pays, que Paris souhaiterait plus intense qu'elle n'a été jusqu'à présent, notamment au regard des liens étroits qui ont pu se tisser entre Pékin et Berlin, à la faveur de la relation de proximité nouée entre les deux chefs de gouvernement, Angela Merkel et Wen Jiabao.
Sur son site internet, le Conseil d'Etat chinois -c'est-à-dire le gouvernement -a annoncé qu'il visait un objectif de 60% des transports urbains assurés par des systèmes collectifs (bus, métro, tramway...). A cette fin, Pékin s'est engagé à aider au développement des systèmes de transports écologiques, via des subventions, et à proposer des aides fiscales pour tous les véhicules assurant des transports collectifs.
Ces propos, qui sont en ligne avec la récente accélération de projets de métros dans le pays, confirment l'orientation annoncée, ces dernières semaines, par Li Keqiang, le futur Premier ministre chinois. Ce dernier veut mettre l'urbanisation au coeur de sa politique, jugeant que c'est de ce processus que viendra l'essentiel de la croissance économique au cours des prochaines décennies. D'après l'OCDE, le nombre d'urbains pourrait atteindre les 900 millions en Chine d'ici à 2030, contre 600 millions aujourd'hui. Et le ministère chinois du Transport s'attend à ce qu'il y ait 200 millions de voitures dans le pays en 2020, contre 62 millions fin 2011. Une situation qui promet une aggravation des deux problèmes principaux des grandes villes chinoises : l'encombrement du trafic et la pollution.
L'agence de presse officielle chinoise Xinhua, également appelée «Chine Nouvelle», a engagé auprès des autorités boursières chinoises une procédure d'introduction en Bourse pour son site Internet Xinhuanet . Cette institution, qui tente de relayer la voix de la Chine dans le monde entier, via des dépêches en huit langues, suit ainsi le chemin ouvert par le site internet du «Quotidien du Peuple», autre organe de presse très officiel, qui s'est coté à la Bourse de Shanghai en avril dernier, levant alors l'équivalent de 225 millions de dollars.
Ces deux opérations illustrent la volonté des organes de presse officiels de moderniser leurs sites Internet, dans un univers très concurrentiel où des portails privés captent l'essentiel de l'audience. Pékin, qui veut actuellement redéfinir son industrie médiatique et culturelle, cherche donc à introduire une dose d'esprit d'entreprise dans des groupes habitués à être des organes d'Etat. Ces derniers doivent donc intéresser l'opinion tout en continuant à faire passer le message du Parti. Une voie probablement étroite, comme en témoigne l'actuelle campagne de protestations, sur le web chinois, contre la révélation de tentatives de censure à l'encontre d'un journal très respecté, le «Nanfang Zhoumo».