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Le blog de Aboubacar Fofana

Il s'agit d'un blog qui s'intéresse au devenir du continent Africain. D'où la prospective avant la proposition.

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« L’opposition est constituée des partis politiques qui ont des objectifs différents dans leur combat politique et qui ne sont ensemble pour l’heure que pour finaliser la transition. »

David Camara, secrétaire général de la NGR
David Camara, secrétaire général de la NGR : « L’opposition est constituée des partis politiques qui ont des objectifs différents dans leur combat politique et qui ne sont ensemble pour l’heure que pour finaliser la transition. »

David Camara, le secrétaire général de la NGR rentre d’un séjour de trois mois en Guinée. Le bureau de votre quotidien Guinéenews© de Bruxelles l’a rencontré monsieur à son domicile à Bruxelles pour parler de l’actualité politique de la Guinée, sa rencontre avec le chef de l’Etat, la NGR au sein du collectif et de l’ADP, la démission de Faya Millimono de la NGR, les élections législatives. Lisez plutôt !

Guinéenews© : Depuis trois mois, vous étiez en Guinée, quel était le but le de votre voyage ? La situation politique de la Guinée a-t-elle évolué ?

David Camara :
Effectivement, j’étais en Guinée depuis trois mois et le but de mon voyage était de redonner une nouvelle vigueur à notre parti, nouvelle vigueur qui passait par une réconciliation préalable avec l’ensemble de nos militants et plus particulièrement avec ceux qui n’avaient pas très bien compris le choix de notre alliance pour le deuxième tour des élections présidentielles en Guinée.

Par ailleurs, à tous ceux qui spéculaient sur la disparition de la NGR, il fallait bien leur prouver que la NGR était bel et bien vivante et que c’était un parti avec lequel il fallait compter.

La situation politique quant à elle, n’avait toujours pas évolué au moment où je quittais le pays.

Le blocage persistait toujours malgré les bons offices des religieux et de la société civile.

Je pense toutefois qu’il est possible d’arriver à un consensus si la mouvance et l’opposition faisaient preuve de moins d’arrogance et de respect de l’autre.

Guinéenews© : Le mercredi 24 avril 2012, vous aviez rencontré le chef de l’Etat ; certains de vos collègues du collectif et de l’ADP avaient qualifié cette rencontre d’ « unilatérale » de votre part. De quoi aviez-vous parlé ?

David Camara :
Je tiens à rappeler à tous ceux qui avaient qualifié cette rencontre d’unilatérale que la NGR est un parti indépendant et libre qui n’a besoin de demander la permission à personne quant aux actes que pose le parti, surtout lorsqu’il s’agit de contribuer à l’apaisement du climat social.

Je vous retournerai la même question en vous demandant si la rencontre de Cellou avec Alpha (dont je n’avais nullement été informé) avait-elle aussi été qualifiée d’unilatérale ?

Je souhaiterais donc qu’on manifeste un peu moins de nervosité dans les jugements de valeurs que l’on porte sur les autres.

Pour répondre à votre question sur ce dont j’avais parlé avec le président Alpha Condé, je vous dirai que j’étais porteur d’un message du président de notre parti, Monsieur Ibrahima Abe Sylla ; message qui portait sur trois points à savoir : primo, demander au président Alpha Condé de s’impliquer personnellement dans la résolution du problème de monsieur Lounceny Camara, l’actuel président de la CENI, secundo, demander également au président Alpha Condé de s’impliquer personnellement quant au respect de la parité dans la représentativité au sein de la CENI entre la mouvance présidentielle et l’opposition, tertio, demander finalement au président Alpha Condé de faire en sorte que les élections législatives soient organisées dans les plus brefs délais.

J’y ai rajouté un dernier élément en invitant le chef de l’Etat à associer l’ensemble des filles et fils du pays à la gigantesque œuvre de réconciliation et de reconstruction du pays.

Voilà tout ce dont nous avions parlé et je m’en suis expliqué à plusieurs reprises déjà.

Je reprends ces détails surtout à l’intention de la communauté guinéenne de Belgique qui m’appelle affectueusement aujourd’hui « DOYEN » et dont je suis le président d’honneur.

Guinéenews© : Deux jours après votre rencontre avec le chef de l’Etat, Faya Millimono démissionne de la NGR le 27 avril 2012. Une telle démarche n’était-elle pas de nature à le mettre en difficultés lui, qui s’inscrit dans la ligne dure de l’opposition, se demandaient les observateurs ?

David Camara :
La démission de Faya Millimono de la NGR est une décision qui lui est personnelle et que nul ne lui conteste.

Je ne sais pas si cette démarche le mettra en difficulté ou pas, mais le connaissant très intelligent, je suppose que sa décision a été très mûrie avant de l’annoncer.

Pour le reste, quelle que soit la nouvelle direction que Faya Millimono prendrait, tous nos vœux de pleins succès et de totale réussite l’accompagnent.

Guinéenews© : Vous avez participé le 25 avril 2012, dans la salle du 28 Septembre du Palais du Peuple de Conakry à une réunion avec la CENI pour fixer la caution devant être déboursée par les candidats en lice aux futures élections législatives, vos collègues de l’opposition n’y étaient pas ?

David Camara :
Effectivement, j’avais participé à cette réunion de la CENI qui avait discuté de la caution à débourser par les candidats et du type de bulletin de vote devant être utilisé pour les élections législatives.

J’avais participé à cette réunion parce qu’à aucun moment personne de l’opposition ne m’avait informé qu’il ne fallait pas y aller et je dois vous avouer que je ne regrette nullement d’y avoir participé.

Je crois qu’il faut expliquer aux gens qu’une élection reste un processus qui passe par plusieurs étapes et la réalisation de chacune de ces étapes constitue toujours un pas en avant et un précieux gain de temps.

Nous avons éliminé une épine des pieds en admettant que le plafond acceptable pour les cautions ne pouvait dépasser les 500.000 Francs Guinéens et que les bulletins collectifs avaient été préférés aux bulletins individuels.

Nous pouvions désormais concentrer tous nos efforts au règlement des problèmes de la parité au sein de la CENI, de l’audit et de la révision du fichier électoral.

Guinéenews© : Donc, il n’y pas de coordination au sein du collectif et de l’ADP, chacun va de son côté pour une rencontre d’une telle importance ?

David Camara :
L’opposition est constituée des partis politiques qui ont des objectifs différents dans leur combat politique et qui ne sont ensemble pour l’heure que pour finaliser la transition. Pour moi, l’opposition se retrouve pour discuter des sujets qui doivent déboucher sur une position commune. A partir du moment où il n’y a pas eu de réunion de l’opposition par rapport à cette question, chacun des partis était sensé réagir à sa façon. Cela a été d’autant plus plausible qu’au lendemain de cette réunion avec la CENI, l’opposition avait tenu sa propre réunion régulière de concertation, réunion à laquelle j’avais participé et où on ne m’avait demandé que de faire le compte rendu de cette rencontre au palais du peuple.

Guinéenews© : La NGR est-elle toujours membre du collectif et de l’ADP qui refusent d’aller aux élections législatives dans les conditions actuelles, alors que vous avez proposé la somme de 500.000 mille francs pour les deux modes de scrutin ?

David Camara :
Si cela peut vous rassurer, la NGR est et reste toujours membre du Collectif des Partis Politiques pour la Finalisation de la Transition et qu’en tant que tel, elle est solidaire du Collectif et de l’ADP.

La NGR assiste à toutes les réunions et elle participe à toutes les manifestations de l’Opposition.

Cela dit, nous nous félicitons d’avoir réussi à ce que l’on ne dépasse pas le cap des 500.000 Francs guinéens comme caution.

Mais le combat continue car comme je vous l’ai déjà dit, si la fixation de la caution est une étape de tout un processus, d’autres étapes dont les problèmes de la CENI, de l’audit et de la révision du fichier électoral restent encore à réaliser.

C’est vous dire que dans les conditions actuelles, la NGR sera en parfaite harmonie avec le Collectif et l’ADP.

Guinéenews© : La NGR est-elle prête pour les élections législatives ? Est-ce toutes les conditions sont réunies pour votre participation ?

David Camara :
Un candidat à un examen ne vous avouera jamais qu’il est réellement prêt à cent pour cent. Cependant, depuis bientôt deux ans que nous attendons ces élections, nous pouvons affirmer que nous sommes fin prêts pour les législatives que nous sommes sûrs de remporter et je puis vous assurer que nous ne nous laisserons pas surprendre.

Pour l’heure, toutes les conditions ne sont pas encore réunies pour notre participation, mais j’ai grand espoir qu’on y parviendra si chacun y met du sien.

Ceci étant, chaque heure ou chaque jour de retard dans le respect de ces conditions, pénalise la population guinéenne, exacerbe les souffrances de nos concitoyens. Tant que ces élections législatives ne seront pas organisées dans des conditions libres et transparentes, le pays continuera d’être bloqué.

Guinéenews© : Vos détracteurs pensent que le pouvoir vous a fait des promesses et que toutes vos démarches montrent que vous ne faîtes plus partie de l’opposition ?

David Camara :
J’aimerais bien être informé de ces promesses dont j’ignore encore tout.

La seule promesse que m’a faite le Professeur Alpha Condé, c’est de faire de ces élections législatives, les plus transparentes et les plus crédibles organisées en Guinée.

Pour autant que je m’en souvienne, il a tenu les mêmes promesses à Cellou Dalein Diallo également.

Quant à nos détracteurs que nous connaissons bien, ils sont dans leur droit de penser ce qu’ils veulent car nous avons toujours soutenu que la liberté de pensée constitue de nos jours l’un des rares acquis universellement reconnus à tout être humain.

Les démarches de la NGR durant mon séjour en Guinée qui ont fait l’objet de polémique sont au nombre de deux à savoir ma rencontre avec le chef de l’Etat et ma participation à la réunion de la CENI organisée au Palais du Peuple.

On pourrait peut-être y rajouter un troisième élément lorsque le président Abe Sylla avait dit qu’il ne dirait pas non à une éventuelle participation de la NGR à la reconstruction du pays et ce, dans des conditions qui auraient été préalablement définies.

Nous comprenons encore assez mal l’interprétation qui avait été faite de cette intervention de Abe Sylla qui n’avait fait que rappeler ce que la NGR avait toujours dit à ce sujet depuis les premiers jours de la campagne du premier tour des élections présidentielles.

En observant de près ce qui se passe à Conakry aujourd’hui, on constatera que si la réfection des routes de Conakry va bon train, le problème de la desserte en électricité reste toujours d’actualité.

Je trouve particulièrement irresponsable et antipatriotique que de reprocher à Abe Sylla de vouloir mettre son expertise dans le domaine de l’électricité au service de son pays, si on le lui demandait.

Cela est encore plus incompréhensible quand on sait qu’avec cette déclaration d’Abe Sylla, on est encore dans le conditionnel, alors que le PEDN qui fait aussi partie de l’opposition a quant à lui, deux ministres dans l’actuel gouvernement et cela ne semble choquer personne.

Par ailleurs, si rencontrer le chef de l’Etat pendant 30 minutes comme je l’ai fait signifie qu’on ne fait plus partie de l’opposition, que dire donc de l’UFDG dont le leader a rencontré le chef de l’Etat pour près de trois heures, c’est à dire six fois plus longtemps ?

L’UFDG ne ferait-elle donc six fois plus partie de l’opposition ?

En invitant les uns et les autres à revenir à de meilleurs sentiments, je tiens à souligner que ces rencontres, malgré tout ce qu’on a pu en dire, ont été une très bonne chose à mon avis car elles ont eu au moins le mérite de montrer que les ponts du dialogue n’étaient pas totalement rompus.

Elles ont aussi contribué à sortir le chef de l’Etat de ses réserves en se désolidarisant de la date du 8 juillet dernièrement annoncée par la CENI comme date des élections législatives en Guinée.

Je laisse donc chacun libre dans sa conception de l’opposition.

Qu’il me soit tout simplement permis de souligner que l’intolérance, la méchanceté, la négativité, les agressions fortuites et les dérapages verbaux ne sont pas caractéristiques de la NGR qui estime qu’on peut toujours dire ce qu’on a à dire sans heurter ou blesser l’autre.

Pour vous en convaincre, je vous renvoie à la dernière lettre signée par la NGR et la GéCi interpellant le CNT à pleinement jouer le rôle que lui confère la loi quant au nébuleux prêt des 25 millions de dollars et à la dernière tentative de détournement des 13 milliards de francs guinéens.

Je terminerai en disant que la NGR est un parti avec lequel il faut compter et qui jouera pleinement son rôle dans l’édification d’une Guinée de justice, de tolérance et de solidarité où le travail réhabilité et attribué sur le seul critère de l’excellence, contribuera à l’éclosion, à l’épanouissement et à l’anoblissement de cette nouvelle génération de citoyens qui pérennisera cette nouvelle vision et ce nouveau départ que nous comptons transformer en réalité vivante dès cette année 2012 dans le pays.

Guinéenews© : Merci d’avoir nous avoir accordés cette interview.

David Camara :
Merci à Guinéenews©.

Interview réalisée par Bassamba Diallo
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