A la Une > Asie-Pacifique Les bons chiffres de l'emploi américain stabilisent les Bourses internationales LEMONDE.FR avec AFP | 05.08.11 | 06h38 • Mis à jour le 05.08.11 | 15h49 37 Classez Imprimez Envoyez Partagez Facebook La bourse de Francfort repartait légèrement à la hausse en début d'après-midi.AFP/FRANK RUMPENHORST Les places financières européennes effaçaient une partie de leurs pertes, vendredi 5 août, en milieu de journée, après vingt-quatre heures de violente dégringolade. Elles bénéficiaient d'une bonne surprise américaine : l'annonce de chiffres concernant les créations d'emplois aux Etats-Unis meilleurs que prévu en juillet. Wall Street saluait à l'ouverture la (faible) baisse du chômage américain. Depuis jeudi, les Bourses mondiales dégringolaient. Elles craignaient la crise en Europe, où les autorités peinaient à convaincre les investisseurs que la situation des dettes souveraines était sous contrôle, ainsi qu'un ralentissement durable de l'économie américaine. Les Bourses européennes se stabilisent La Bourse de Paris se hissait dans le vert vendredi après-midi, prenant 1,10 %, après avoir grimpé brièvement de plus de 2 %. Le CAC 40 avait perdu 3 % à l'ouverture. Le volume d'échanges était déjà très important, à 4 014 milliards d'euros. Le marché parisien, comme les autres indices européens, tentait un rebond, qui paraissait pour l'heure encore limité, étant donné qu'il reste sur neuf séances de baisse consécutives. La Bourse de Francfort faisait une courte incursion dans le vert puis réduisait ses pertes dans l'après-midi, restant extrêmement instable. Vers 15 heures, l'indice lâchait 0,80 %, à 6 363,43 points, contre des pertes dépassant 3 % en matinée. Londres effaçait également une partie de ses pertes, profitant également de rumeurs de rachats de titres de dette espagnols sur le marché obligataire par la Banque centrale européenne (BCE). Les chiffres de l'emploi en hausse aux Etats-Unis L'économie américaine a créé 117 000 postes de plus qu'elle n'en a détruit, soit le total le plus élevé depuis avril. Les analystes tablaient sur 85 000 postes. Ces créations d'emplois ont été suffisantes pour faire baisser le taux de chômage de 0,1 point, à 9,1 %. La Bourse de New York ouvrait donc en hausse vendredi, s'offrant un peu de répit après les lourdes pertes de la veille : le Dow Jones gagnait 0,45 % et le Nasdaq, 0,98%. Une série de statistiques inquiétantes pour le futur de la croissance américaine avait plombé les marchés depuis une semaine. Jeudi, Wall Street avait plongé, participant à la débâcle mondiale des marchés financiers. Le Dow Jones avait abandonné 4,31 %, le Nasdaq, à dominante technologique, 5,08 %. Malgré cette amélioration, la croissance américaine, anémique au premier semestre, ne cesse pas d'inquiéter. La première économie mondiale a donné, ces dernières semaines, des signes de faiblesse qui ont pesé lourdement sur la cote de popularité du président Barack Obama. Mardi, M. Obama avait appelé la classe politique à "faire tout ce qui est en [son] pouvoir pour faire croître cette économie et remettre l'Amérique au travail". Les dirigeants européens se concertent Face aux turbulences dans la zone euro, le président français, Nicolas Sarkozy, avait ouvert des consultations, mercredi et jeudi, avec le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, pour évoquer la "situation boursière". Il doit s'entretenir séparément vendredi au téléphone avec la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero. Le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a quant à lui interrompu ses vacances pour rentrer à Bruxelles. Il a annoncé que la Commission européenne présenterait après l'été un rapport sur l'idée d'obligations communes à la zone euro ("eurobonds") – une idée qui avait déjà été évoquée pour le deuxième plan d'aide à la Grèce – et les possibilités à long terme pour l'infrastructure de la zone euro. Les craintes d'une contagion en Asie En Asie, la Chine et le Japon ont appelé à une coopération internationale. Le ministre des finances japonais, Yoshihiko Noda, a souligné la nécessité de traiter les problèmes de distorsion sur le marché des changes, la crise de la dette et la question économique américaine, au lendemain d'une intervention du Japon pour vendre du yen. La Chine souhaite, pour sa part, améliorer la coordination entre puissances mondiales face aux risques nés des problèmes de dette aux Etats-Unis et en Europe, a souligné son ministre des affaires étrangères Yang Jiechi. Ce dernier a notamment appelé la première puissance économique mondiale à adopter une politique monétaire "responsable" et à protéger les investissements en dollars des autres pays. Ces appels des deux principaux créanciers étrangers des Etats-Unis soulignent les craintes de plus en plus grandes d'une contagion en Asie, où les marchés ont à leur tour lourdement chuté vendredi, dans le sillage du décrochage à Wall Street.