Il s'agit d'un blog qui s'intéresse au devenir du continent Africain. D'où la prospective avant la proposition.
30 Juillet 2011
Elhadj Bouna Kéita P-DG de la Société Batax Bouna international mining, a adressé le 1er juillet dernier une énième lettre au président de la République, pour « revendiquer » encore ses droits sur la concession minière de l’ex-Aredor à Banankoro. Pour plus d’amples informations sur ce dossier, lisez les lignes qui suivent.
L’objectif affiché de cet homme d’affaire est « d’exposer les préjudices et les difficultés » que sa société aurait eu dans la concession minière de l’ex-Aredor. Une concession acquise dans des conditions peu orthodoxes mais que Bouna Kéita revendique avec véhémence en portant un doigt accusateur sur le Département de tutelle. « …Nous avons été surpris de constater que le Ministère des Mines a attribué notre concession minière, sans aucune forme de procès, à un autre opérateur, en la personne de M. Kaba Guiter. Et en violation flagrante des principes et directives données par le chef de l’Etat, le Professeur Alpha Condé, qui a demandé qu’aucun permis ne soit délivré tant que le nouveau Code minier n’est pas adopté. A notre fort étonnement, le Ministère des Mines outrepasse les instructions du Président de la République pour délivrer de la façon la plus illégale, un permis d’exploitation à Kaba GUITER ». Des allégations grossières et tout aussi fallacieuses du moment que le ministre des Mines actuel a œuvré dans le sens de la continuité, comme son prédécesseur avait pris la décision qui s’imposait. La concession en question était si emblématique des contrats léonins de l’époque que la vigoureuse réaction des responsables du secteur a mis fin à toutes convoitises malsaines.
Et l’on est aujourd’hui devant la situation du voleur qui crie au vol. Tenez ! Sous le magistère de monsieur Mahmoud Thiam au Département des Mines et de la Géologie, il a été mille fois établi que le sieur Bouna Keïta n’a jamais honoré ses engagements contractuels dont le paiement de 30 millions de dollars au titre du ticket d’entrée. Dans l’esprit et la lettre du protocole d’accord du 22 juillet 2009 et l’arrêté du 03 février 2010, ceci entrainait ipso facto la perte de tous droits légaux et légitimes d’exploitation minière.
Au passage, faut-il souligner qu’au moment de la signature dudit protocole d’accord, c’est bien le Suédois Wiktor KUBIAK qui était à la fois PDG et représentant de la société. Passé PDG de la société, Bouna Keïta ne saurait ignorer cet avertissement de l’arrêté du 03 février : « si au terme de trois mois maximum après l’entrée en vigueur du présent arrêté, le titulaire, la société Batax Bouna International Mining Corporation ne s’acquittait pas du ticket d’entrée de trente millions de dollars US, le présent permis deviendrait automatiquement caduc, nul et sans effet et retournerait dans le portefeuille de l’Etat guinéen ».
A posteriori, il ne nie pas le fait d’avoir bénéficié de toute la bienveillance des autorités au vu des facilités dont il a bénéficié. Bouna Keïta n’en continue pas moins de se borner à évoquer des difficultés économiques conjecturelles dues aux pressions exercées sur la Guinée, s’il ne se plaint pas des charges d’exploitation, voire du manque de temps pour extraire suffisamment de diamant pour honorer le ticket d’entrée. Sa démarche est un véritable pied de nez au code minier.
Et après plusieurs rappels à l’ordre, le Ministère des Mines et de la Géologie a cru devoir déclarer « nulle et de nul effet » la cession faite à Batax Bouna International. Avant de faire appel à tout éventuel repreneur, le Département des Mines a tiré les leçons du passé, pour morceler la zone de 960 Km2. Delta Log, Atlantic, Guiter SA, Conabras et Somiga sont les sociétés retenues et la plus grande zone est tout naturellement concédée aux exploitants artisanaux.
Après avoir disqualifié sa société comme on le voit, Bouna Keïta n’en finit pas de crier à l’arbitraire pour revendiquer « légitimement » les droits de sa société.
Si seulement celui qui appelle à l’arbitrage du chef de l’Etat était audité sur sa gestion ... Car en matière d’investissement, il y a seulement que des anciens travailleurs continuent encore de réclamer leurs arriérés de salaires alors que M. Keïta était censé verser un montant chiffré à un million de dollar Us. Le Sous-préfet et le président de la CRD de Banankoro en savent quelque chose, car une requête leur a été adressée dans ce sens par les pauvres ex travailleurs.
Après avoir concocté son affaire dans la brume des premières heures du CNDD, Bouna Keïta se trompe littéralement d’époque pour tenter de se remettre à flot. Dans le flux de contrevérités dont il use et abuse, il s’en prend spécifiquement à Guiter SA mining alors que quatre autres sociétés sont dans les rangs.
Pour mémoire, rappelons que c’est en octobre 2010 que la demande de recherche de la Société Guiter SA mining a été agréée suite à l’appréciation d’une Commission interministérielle. La concession de 960 Km2 a été alors répartie en cinq blocs dont les quatre autres ont respectivement été accordés à Delta Log, Atlantique, Conabras et Somiga. C’est pourquoi, il est un peu curieux qu’Elhadj Bouna ne s’en prenne qu’à la première. Encore que celle-ci a reçu son permis d’exploitation le 11 mars 2011 au terme de toutes démarches réglementaires dont l’acquittement de toutes les taxes dues à l’Etat.
Pourquoi donc Bouna Keïta persiste-il encore à jouer aux pêcheurs en eau trouble ? C’est toute la question qui se pose aujourd’hui. Mais de là à vouloir pousser le président de la République, le Pr Alpha Condé à la bienveillance envers sa société alors que le chef de l’Etat est dans une toute autre logique, celle de l’action pour l’avenir du pays.
L’histoire récente de Getma international, entre autres sociétés défaillantes ne semble donc pas avoir donné des leçons au PDG de Batax. Et dans ce cas de figure, il devrait réaliser que, même si le permis d’exploitation accordé à Guiter SA avait été différé, cela n’aurait en rien permis à Batax de se requalifier.
Et les gesticulations de M. Bouna Keïta agacent plus d’un parmi ceux qui l’ont bien connu. Ainsi ce lecteur dont la réplique piquante mérite qu’on s’y attarde : « Bouna Keïta doit plus de 10 millions de dollars à l’Etat au titre de ses obligations dans la gestion de la société qu’il a acquise dans des conditions peu orthodoxes dans un régime d’exception. Bouna n’a jamais investi un dollar dans l’ex AREDOR pour l’achat de quelque machine ou équipement que ce soit. Savez-vous que le million de dollar dont il parle (qui ne représentait qu’un peu plus de 4 milliards FG en 2008) a été payé à partir de la Banque centrale et ce montant n’a pas pu couvrir les salaires et les règlements des travailleurs ?
Aussi, Bouna a violé délibérément toutes les clauses du protocole d’accord. Il n’a pas payé les 30 millions de dollars, il n’a pas produit une seule étude de faisabilité comme exigé par le Code minier, il n’a recruté aucun travailleur, donc il n’a payé aucun salaire, il n’a réhabilité aucune infrastructure, il n’a jamais obéi à aucune règle d’exploitation minière et cela, malgré les injonctions répétées du Département des Mines. Alors pourquoi veut-il tromper le président Alpha Condé pour que ce dernier intercède en sa faveur dans ce dossier ?
Malheureusement pour lui, car ces temps sont révolus et le Pr Alpha Condé est le premier à le signifier aux Guinéens ». Les documents et les pauvres populations de Banankoro en sont les principaux témoins.
Nous y reviendrons pour de plus amples informations recueillies auprès des autorités et des populations de Banankoro.
Fanta Lamba Condé
Source: Le Standard hebdomadaire guinéen d'informations générales