FIXATION DES LIMITES DU PLATEAU CONTINENTAL : Accord entre le Sénégal et cinq pays d’Afrique de l’Ouest pour déterminer les frontières maritimes (New York) - Le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, Me Madické Niang, a signé, hier, à New York, en marge du Sommet des Nations Unies sur les Omd, un Accord-cadre de coopération sous-régionale avec ses homologues du Cap-Vert, de la Gambie, de la Guinée-Bissau, de la Guinée et de la Mauritanie sur la fixation des limites extérieures du plateau continental au-delà de 200 milles marins. D’après un document distribué par la Mission sénégalaise aux Nations Unies peu avant la signature, le plateau continental d’un Etat marin comprend les fonds marins et leur sous-sol au-delà de sa mer territoriale. Il longe toute l’étendue du prolongement naturel du territoire de cet Etat jusqu’au rebord externe de la marge continentale. Cela va jusqu’à 200 milles marins des lignes de base à partir desquelles est mesurée la largeur de la mer territoriale, lorsque le rebord externe de la marge continentale se trouve à une distance inférieure. D’où l’importance d’une bonne fixation des limites du plateau continental afin notamment d’éviter des conflits. En signant hier, l’Accord, les Etats parties reconnaissent que la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer constitue une contribution importante au maintien de la paix, de la justice et du progrès pour tous. Aussi conviennent-ils de coopérer dans l’élaboration des demandes conjointes ou individuelles à soumettre à la Commission concernant la fixation des limites extérieures du plateau continental au-delà de 200 milles marins. Chacune des parties va mettre en place une commission nationale chargée de l’élaboration et du suivi des demandes. Un comité de liaison ayant pour fonction de coordonner et d’assurer les flux des informations sur le travail des commissions nationales sera créé. Selon Me Madické Niang, ministre d’Etat ministre des Affaires étrangères, cet Accord-cadre est d’une importance capitale. « Il prend en compte une vision commune des six pays frontaliers pour une meilleure gestion du plateau continental », a expliqué Me Madické Niang, peu après la signature. La gestion du plateau continental a souvent créé quelques difficultés aux pays qui ont une frontière maritime commune. C’est pourquoi le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, saluera l’assistance de la Norvège qui va donner les moyens pour une exploitation judicieuse des ressources du plateau continental. D’ailleurs, un autre Accord de coopération technique et financière entre les six Etats et le Royaume de Norvège a été signé dans ce sens. La Norvège entend fournir aux six pays un appui aux fins de la fixation des limites extérieures de leur plateau continental au-delà de 200 miles. Selon M. Erik Solheim, ministre de l’Environnement et du Développement international de la Norvège, son pays cherche à garantir que les pays africains aient le contrôle des ressources dans leurs propres zones maritimes. Pour lui, le fait de fixer les limites du plateau continental de chaque pays permet de réduire les risques de conflits. « Cela permet également de savoir quel pays peut exploiter les ressources comme le pétrole et le gaz », a expliqué M. Solheim. Sadibou MARONE (Envoyé spécial) Le Soleil.sn