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Le blog de Aboubacar Fofana

Il s'agit d'un blog qui s'intéresse au devenir du continent Africain. D'où la prospective avant la proposition.

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De la bonne Gouvernance!


La gouvernance est un néologisme qui concerne le droit de regard sur les organismes par ceux qui les ont missionnés. Cette gouvernance serait en fait une autre manière de gouverner. C'est à la fois un moyen de signifier la légitimité du fonctionnement politique, les relations de l'administration avec le corps politique, et les rapports entre eux, la société et le monde économique.


Le critère essentiel d'une bonne gouvernance est que les mécanismes de fonctionnement de l'institution soient organisés de façon à éviter que les intérêts des mandatés (dirigeants) prennent le pas sur ceux de leur mandant (les populations), cela dans un esprit de démocratie.


La bonne gouvernance recouvre aussi bien la capacité du gouvernement à gérer efficacement ses ressources, à mettre en œuvre des politiques pertinentes, que le respect des citoyens et de l'État pour les institutions, ainsi que l'existence d'un contrôle démocratique sur les agents chargés de l'autorité (Banque Mondiale, 1999).


Une bonne gouvernance doit donc impérativement reposer sur une nette séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. Ceci constituerait a n'en pas douter un gage d'efficience de l'action publique.


Notons tout d'abord que cette politique se situe dans la ligne des stratégies de développement définies à la conférence internationale du développement de Monterrey, en 2002, qui a lié la mobilisation des ressources et la croissance de l’APD (Aide Publique au Développement) à la performance des états récipiendaires dans le domaine de la gouvernance.

 Ensuite, les initiatives en matière de bonne gouvernance et de démocratie ont également été placées au premier rang des conditions requises pour réaliser le développement durable par les chefs d’états africains, dans le cadre du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD).


Dans les sociétés où s’affirme la valeur de la personne humaine, les autorités publiques apparaissent d’autant plus légitimes qu’elles respectent les libertés, individuelles et collectives, et qu’elles sont représentatives des citoyens.  La réalisation effective de l’état de droit et de la gouvernance démocratique dépend naturellement de la façon dont les institutions sont organisées et fonctionnent, elle dépend aussi de la capacité de la société civile à défendre ses droits.


Quels intérêts ont les pays en développement à adopter des critères de bonne gouvernance dans la gestion des affaires publiques?


C'est ce que nous allons essayer de dégager dans les lignes qui suivent avant d'en tirer quelques enseignements. Sur le plan législatif, une bonne gouvernance voudrait que les politiques en général et les dirigeants en particuliers se soumettent à l'esprit et à la lettre des lois une fois qu'elles sont adoptées par le parlement. En effet le citoyen contribuable se soumettrait plus facilement aux contraintes de celles-ci s'il a le sentiment que la loi est la même pour tous avec des droits mais aussi et surtout des devoirs. Cela nous épargnerait le sentiment qu'il y a des citoyens au dessus des lois.


Il faut donc promouvoir la mise en oeuvre de l'état de droit et la démocratie en tout temps et en tout lieu notamment à travers les assemblées parlementaires et les hautes juridictions qui peuvent constituer des contrepouvoirs à l'exécutif.

En ce qui concerne l'exécutif, les hommes politiques, surtout le premier d'entre eux, c'est à dire le président de la république,qui se trouve être le garant de la constitution et le premier magistrat de l'état, doivent veiller constamment au respect du texte fondamental. Cela participe de l'état de droit.


La promotion du droit notamment dans le domaine économique et dans les affaires devrait encourager l'esprit d'entreprise et les investissements étrangers dans le pays. Les agents économiques n'aiment pas trop le flou juridique (en cas de conflits par exemple) ainsi que l'absence de démocratie.


La bonne gouvernance renforce les capacités de gestion de l'état en rendant l'administration plus efficace et plus proche des citoyens que nous sommes. C'est une gestion saine et transparente des finances publiques. Sur un plan strictement judiciaire, une bonne gouvernance favorise un climat économique détendu et encourageant pour l'investissement en général et l'arrivée de capitaux extérieurs en particulier.


Comme vous venez de le constater avec tout ce qui précède, une bonne gouvernance appliquée à la gestion des affaires de la cité ne peut constituer qu'un puissant levier pour le pays qui l'adopte, dans un souci de développement économique durable ainsi que   d'épanouissement démocratique.


De surcroît, les maigres ressources dont disposent les pays en développement ne permettent aucun gaspillage dans le combat qu'ils livrent contre le sous-développement. Cela autoriserait une meilleure allocation de ressources rares dans le but de tendre vers une certaine efficience économique.

La Bonne Gouvernance doit devenir une valeur cardinale, un dogme à inscrire dans le préambule de nos constitutions et tout homme politique devrait faire une déclaration de son patrimoine avant d'entrer en fonction.


De cette façon faire la politique ne serait plus vue comme un moyen rapide d'enrichissement illégal mais plutôt comme une manière de se mettre au service de la collectivité.



Aboubacar Fofana
Economiste
Président du Club DLG

 


Paris, février 2007. 

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