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Le blog de Aboubacar Fofana

Il s'agit d'un blog qui s'intéresse au devenir du continent Africain. D'où la prospective avant la proposition.

Cheminement démocratique et accidents de parcours en Afrique!

 

L’actualité Africaine des douze derniers mois nous emmène à nous interroger sur le cheminement de la démocratie sur le continent.


En effet, il y a à peine un an, la Mauritanie était citée comme un modèle de restauration démocratique, après le coup d’Etat du Colonel Elie Ould Val qui après dix huit mois de transition a organisé des élections ayant abouti au choix de Monsieur Mohamed ould Abdallahi comme Président de la République.

Après quinze mois, ce dernier s’est fait renversé à la suite d’un putsch par le Colonel Ould Abdel Aziz.

Le Ghana nous a administré de l’espoir avec des élections incontestées et pour la troisième fois consécutive, qui ont permis à Monsieur John Atta Mills de ravir la présidence de la république au poulain du sortant John Kuufor.

Dans la foulée, l’on assista à Madagascar et ensuite en Guinée (Conakry) à des changements non constitutionnels. Ce qui a fait assimiler ces soubresauts à des coups d’Etat.


En ce mois de juin 2009 au Gabon et après le décès de M. Omar Bongo  Le mécanisme constitutionnel est entré en branle et la Présidente de la cour Suprême assure l’intérim en attendant l’organisation d’élections que tout le monde souhaite transparentes.


Le Niger
, depuis sa constitution de 1999 et l’élection de M. Mamadou Tandja au poste de Président de la république demeurait un modèle de démocratie en Afrique, avec une loi fondamentale que l’on pensait non manipulable à des fins personnelles et inviolable; l’une des plus progressistes et démocratiques avec beaucoup de garde fous contre les dérives autocratiques.


L’on vient d’assister en ce début d’Août 2009, après les dissolutions de l’Assemblée Nationale et de la Cour Constitutionnelle, à la violation de ce texte de base qui faisait la fierté des Nigériens, malgré la réprobation de la Société civile, des syndicats, des partis politiques y compris une partie des élus du MNSD (son propre parti), de l’UA, de la CDEAO, de la Communauté internationale, etc., dans le but de rallonger le mandat actuel de trois années supplémentaires, et Cerise sur le gâteau, la possibilité que Mr Tandja a désormais de rester président à vie.

Démonstration vient d’être ainsi faite que rien ne peut résister à la volonté d’un homme (militaire ou civil) qui a décidé de violer les institutions.

 

Qu’est ce qui fait que l’on assiste généralement en Afrique à ce mouvement de va et vient qui nous fait passer d’une situation stable et apaisée à une autre d’incertitude et de remise en cause des avancées chèrement acquises ?

 

Après mûre réflexion, nous pouvons dire que le parcours démocratique est un travail important et de longue haleine en vue de l’éveil démocratique des populations. La culture démocratique ne se décrète pas mais s’acquiert progressivement, surtout au niveau de la classe dirigeante.

Dans le cas du Niger qui constitue un coup d’Etat constitutionnel, nous venons d’assister incontestablement à une régression démocratique.


Le cas de la Mauritanie nous apprend que l’on peut faire un coup d’Etat militaire contre un Président démocratiquement élu, faire le dos rond et tenir bon durant une année, organiser des élections que l’on est sur de remporter, avec tous les moyens de l’Etat, avant de retourner la réprobation internationale en onction.

Au-delà de leur similitude, une même logique sous tend ces deux cas, car nécessité faisant loi, la communauté internationale se contente le plus souvent d’élections « transparentes » pour admettre le putschiste d’hier qui redevient fréquentable en son sein. Il s’agit là d’un formidable appel d’air et un signal envoyé à tous les apprentis putschistes qui sommeillent encore.


Les élections constituent une étape de la démocratie mais ne sont pas garantes d’un régime démocratique. Elles sont une condition nécessaire mais non suffisante de la démocratie.

La démocratie n’est pas une fin en soi, mais un objectif vers lequel on tend, un long processus de maturation et de progrès qui requiert une vigilance de tout instant.

Le processus de démocratisation n’est pas un long fleuve tranquille mais il est plutôt fait de hauts et de bas.

L’espoir demeure dans la naissance et l’affirmation des opinions publiques Africaines grâce à l’émergence de sociétés civiles organisées et prêtes à prendre leurs destinées en main.

 

Quel rôle doit jouer l’Armée dans ces cas d’outrage au texte fondamental face aux risques d’insurrection populaire ou de guerre civile ?

 

A notre avis, cette dernière, en plus de son rôle de garant de l’intégrité territoriale devrait avoir aussi celui de soupape de sécurité pour le bon fonctionnement des institutions, une fois que toutes les voies légales aient été épuisées.

 

Le constituant, dans le cas de la future constitution de la Guinée, et pour une meilleure garantie contre ce type de dérive, devrait prévoir la « nomination à vie » des juges de la cour constitutionnelle. Comme c’est le cas aux Etats Unis.

 

 

 

Aboubacar Fofana

Economiste
Président du Club DLG.

 

 

Paris le 11 août 2009.

 

 

 

 

 

 

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