Vendredi 23 septembre 2011 5 23 /09 /Sep /2011 19:05

Guinée : remettre la transition sur les rails

Rapport Afrique N°178 23 sept. 2011

 

SYNTHESE ET RECOMMANDATIONS

Après l’élection d’Alpha Condé à la présidence en novembre 2010, des élections législatives doivent clôturer une nouvelle étape de la transition politique guinéenne. La récente expérience de politisation violente des ethnicités et le manque de confiance des acteurs politiques dans le dispositif électoral sont des motifs d’inquiétude. Le président Condé a engagé unilatéralement une refonte du système électoral, mais il suscite d’autant plus de méfiance que les perspectives du parti présidentiel pour les législatives sont incertaines. Il n’a prêté que peu d’atten­tion, et bien tard, à la réconciliation et au dialogue avec son opposition, très mobilisée. La Guinée ne peut se permettre ni un bricolage du système électoral ni une nouvelle campagne fondée sur des arguments ethniques. Un accroissement des tensions à l’approche du scrutin pourrait susciter des violences intercommunautaires. Il pourrait aussi offrir une opportunité d’agir à ceux qui, dans l’armée, se satisfont mal d’avoir regagné les casernes. L’attaque lancée le 19 juillet 2011 par des militaires contre la résidence du président confirme la réalité de ce risque. Un véritable accord entre les principaux acteurs politiques sur les modalités des élections législatives est impératif et urgent. Sans une forte implication internationale, les chances de parvenir à un tel accord sont minces.

L’arrivée au pouvoir de l’opposant Alpha Condé est une opportunité extraordinaire de clore 50 années d’autorita­risme politique et de stagnation économique. Le nouveau régime fait face à des défis immenses, avec des moyens limités, même si les bailleurs de fonds semblent disposés à fournir une aide accrue. L’échec de la tentative du 19 juillet 2011 contre la vie du président semble indiquer que le nouveau pouvoir s’est, pour le moment au moins, assuré de la hiérarchie militaire. Il a pu consolider la normalisation entamée sous son prédécesseur, le général Sékouba Konaté, éloignant les militaires de l’espace public et de Conakry. Le resserrement sécuritaire consécutif à la tentative du 19 juillet a cependant entraîné un recul de ce point de vue. La réforme du secteur de la sécurité se dessine, mais elle en est encore à un stade très préliminaire.

Le nouveau pouvoir affiche une volonté de bonne gouvernance économique et financière et a fait des gestes significatifs en ce sens. A court terme au moins, la rigueur en matière budgétaire a un effet déprimant sur l’écono­mie, que le gouvernement tente de contenir en essayant de répondre à la demande sociale. Des efforts sont ainsi réalisés dans l’importation de produits vivriers et pour la fourniture d’électricité. A plus long terme, un programme économique ambitieux a été esquissé, qui vise une transformation des structures économiques du pays.

En revanche, le dialogue avec l’opposition ne s’est réengagé que récemment : c’est seulement ces dernières semaines, que le pouvoir a fait quelques gestes d’apaise­ment, Alpha Condé recevant par exemple le 15 août 2011 un représentant de haut niveau de l’opposition pour la première fois depuis l’élection présidentielle. Mais le président souffle le chaud et le froid, par exemple en incriminant l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), le parti de son principal opposant, Cellou Dalein Diallo, dans l’attaque du 19 juillet avant que la justice ne fasse son travail, ou en laissant longtemps sans réponse, avant de le rejeter, un mémorandum sur l’organisation des élections remis par l’oppo­sition au gouvernement le 17 août dernier.

La situation reste préoccupante, dans la mesure où le scrutin passé a donné un poids nouveau à l’idée que l’histoire de la Guinée est celle des luttes entre quatre grands blocs ethnorégionaux. Au premier tour, les hommes politiques ont pour la plupart mobilisé d’abord au sein de leurs communautés respectives. Le deuxième tour – pendant lequel la rhétorique ethnique s’est renforcée de toutes parts – a été un débat à mots à peine couverts autour de la domination supposée des Peul, le Malinké Alpha Condé prêtant une volonté d’hégémonie à cette communauté dont est issu Cellou Dalein Diallo. Si les plus graves violences ont, cette fois encore, été le fait des forces de sécurité, les mobilisations politiques à connotation ethnique ont suscité des heurts et fait des victimes. Les faiblesses organisationnelles du processus électoral ont nourri les tensions en autorisant à chaque étape des accusations de fraude de l’un ou l’autre camp.

Les nouvelles autorités n’ont guère fait d’efforts pour gérer ce passif, n’avançant que lentement dans l’organisa­tion des élections législatives indispensables pour compléter le dispositif institutionnel prévu par la Constitution. Elles ont gardé le silence sur les modalités du scrutin pendant des mois. Le 15 septembre dernier, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a proposé la date du 29 décembre 2011. Sans concertation, les autorités avaient auparavant annoncé une refonte complète du fichier électoral, ainsi qu’une transformation de la CENI et de la répartition des rôles entre elle et le ministère de l’Administration territoriale. Alors que les tensions montaient, le Conseil national de transition (un organe législatif intérimaire) et la société civile guinéenne ont tenté une médiation. Sous les pressions internes et internationales, le pouvoir a finalement lancé des appels à la concertation et a affirmé renoncer à la création d’un nouveau fichier électoral. L’amorce d’un dialogue n’a jusqu’à présent pas permis le moindre accord sur les points litigieux : la composition et le fonctionnement de la CENI, le fichier électoral et la date du scrutin.

Les soupçons que suscite toujours le dispositif électoral pourraient aggraver les tensions dans certaines zones et entraîner des violences intercommunautaires. Celles-ci pourraient déclencher des représailles ailleurs dans le pays, ou provoquer une réaction brutale des forces de sécurité. Or comme les événements du 19 juillet dernier l’ont montré, l’armée est encore partagée sur le retour à un pouvoir civil susceptible de mettre fin aux pratiques grossières d’enrichissement illicite en son sein, et elle est aussi marquée par un factionnalisme qui recoupe en partie les clivages ethniques. Retarder beaucoup plus les élections n’est pas une option : cela ne ferait qu’aggraver les tensions et les suspicions. Surtout, une assemblée nationale bénéficiant d’un véritable mandat populaire est nécessaire pour l’équilibre du système politique et une progression dans l’apprentissage de la pratique démocratique.

Parce qu’une nouvelle période d’instabilité électorale pourrait s’avérer dangereuse pour la jeune démocratie guinéenne, le pouvoir et l’opposition doivent engager un dialogue au plus haut niveau sur l’ensemble du dispositif électoral, et tous les acteurs politiques doivent s’abstenir d’alimenter les tensions interethniques. La communauté internationale, en retrait depuis la prise de pouvoir du président Condé, doit accompagner ce nouveau moment de la transition comme elle l’a fait lors des étapes précédentes. La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union africaine (UA) et les Nations unies doivent se réinvestir vigoureusement en Guinée pour sauvegarder les acquis obtenus depuis la fin du régime de Lansana Conté en décembre 2008 et la neutralisation de la junte militaire du capitaine Moussa Dadis Camara en janvier 2010. Malheureusement, la transition démocratique en Guinée n’est pas encore irréversible.

RECOMMANDATIONS

Au président Condé :

1. Engager rapidement un dialogue direct et périodique avec les chefs des principaux partis (ceux qui ont dépassé un certain pourcentage au premier tour de la présidentielle, 5 pour cent, par exemple) au moins jusqu’à la mise en place de l’Assemblée nationale.

2. S’abstenir d’employer la rhétorique ambiguë et dangereuse qui prête à des citoyens guinéens jamais identifiés le « sabotage » des actions de l’Etat ; ne pas s’autoriser de sa légitimité d’opposant historique pour refuser le débat contradictoire indispensable au bon fonctionnement de la démocratie ; et prendre publiquement des positions nettes contre les surenchères ethnicistes formulées par certains de ses alliés et sympathisants.

3. Eviter toutes les déclarations susceptibles d’être interprétées comme interférant avec le processus judiciaire engagé à la suite de l’attaque du 19 juillet 2011.

Au gouvernement guinéen :

4. Rechercher avec les partis qui comptent, et en particulier avec l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) et l’Union des forces républicaines (UFR), un véritable consensus sur le fichier électoral, la Commission électorale nationale indépendante (CENI), le calendrier et tous les autres aspects du processus électoral.

5. Continuer à considérer le Conseil national de transition (CNT) comme un partenaire législatif légitime jusqu’à l’entrée en fonction de l’Assemblée nationale, comme la Constitution le prévoit.

 

6. Avancer dans l’élaboration des projets de lois organiques qui règlent le fonctionnement des différentes institutions prévues par la Constitution, en particulier pour le Conseil supérieur de la magistrature, la Cour suprême et le Conseil économique et social.

7. Garantir l’exercice de la liberté de manifester, qui est un droit constitutionnel.

8. Poursuivre les efforts engagés en matière de bonne gouvernance et concrétiser les engagements pris, notamment la publication des contrats miniers et celle des déclarations de patrimoine du président et des ministres.

9. Progresser dans la lutte contre l’impunité :

a) en renforçant les moyens mis à disposition du pool de magistrats chargés d’enquêter sur le massacre du 28 septembre 2009 et en garantissant l’indé­pendance et l’impartialité du processus judiciaire ainsi que la protection des témoins ;

b) en poursuivant les efforts entrepris pour sanctionner les abus de pouvoir commis par les membres des forces de sécurité au quotidien.

10. Avancer avec diligence dans la mise en œuvre de la réforme du secteur de la sécurité, notamment en transformant les plans stratégiques en actions concrètes, et en prenant en compte tous les acteurs du secteur de la sécurité, dont les presque 6 000 jeunes hommes recrutés sous Moussa Dadis Camara.

Aux partis d’opposition :

11. Etre réceptifs aux éventuelles propositions des autorités pour un dialogue sur le processus électoral et sur les autres questions importantes sans s’en tenir à l’exigence du respect d’un texte constitutionnel qui ne règle pas tous les problèmes.

12. Jouer un rôle constructif et positif au sein du CNT et se saisir de cet espace pour défendre leurs positions.

13. Cesser d’exprimer des réserves quant à la légitimité du président Condé et du processus électoral passé.

14. Prendre publiquement des positions nettes contre les surenchères ethnicistes formulées par certains de leurs sympathisants.

A la Commission électorale nationale indépendante :

15. Préparer, en concertation avec la société civile, un code de bonne conduite qui sera signé par tous les partis politiques participant aux élections législatives et aux termes duquel ils s’engagent à s’abstenir de propos susceptibles d’attiser les tensions intercommunautaires pendant la campagne électorale, et assurer sa large diffusion auprès des citoyens.

Au Conseil national de transition :

16. Continuer à assumer à plein le rôle législatif que lui attribue la Constitution, entre autres en adoptant les lois organiques qui règlent le fonctionnement des différentes institutions établies par la Constitution, en particulier pour le Conseil supérieur de la magistrature, la Cour suprême et le Conseil économique et social, que le pouvoir exécutif en prenne l’initiative ou non.

A la société civile guinéenne :

17. Suivre et contribuer à l’élaboration du code de bonne conduite qui doit être préparé par la CENI et créer un observatoire indépendant, éventuellement en association avec l’Institution nationale indépendante des droits humains, qui assure un suivi du respect dudit code et, plus largement, du traitement public des questions ethniques dans les médias et dans la vie politique, qui documente les abus et rende régulièrement et publiquement compte.

18. Créer un observatoire de l’impunité rassemblant des représentants de la société civile, des juristes et des militaires ou anciens militaires, éventuellement en association avec l’Institution nationale indépendante des droits humains, qui se charge de suivre l’ensemble des affaires judiciaires impliquant des membres des forces de défense et de sécurité et qui rende régulièrement et publiquement compte des suites données à ces affaires.

Aux partenaires internationaux de la Guinée, et en particulier au Groupe des amis de la Guinée :

19. Réaffirmer leur disponibilité et leur vigilance pour la poursuite de la transition, et en particulier pour le suivi des élections législatives, notamment :

a) en tenant rapidement à Conakry une réunion du Groupe des amis au niveau des ministres des Affaires étrangères des pays membres et des représentants à haut niveau des organisations membres ; et

b) en continuant les rencontres régulières avec les principaux acteurs politiques au niveau des ambassadeurs.

Au représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest, au président de la Commission de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest et au président de la Commission de l’Union africaine :

20. Assumer jusqu’à la mise en place de la nouvelle Assemblée nationale le rôle politique de premier plan joué avant l’élection présidentielle, y compris :

 

a) en reprenant conjointement le travail de bons offices mené avec succès jusqu’à la tenue de l’élec­tion présidentielle, avec cette fois pour objectif de faciliter le dialogue entre le président et ses principaux opposants, et d’aider le gouvernement et les principaux partis politiques à trouver un accord sur la Commission électorale, la date du scrutin et les listes électorales, ainsi que sur le rôle des éventuels garants internationaux ;

b) en préparant, avec les autres acteurs pertinents au sein du système des Nations unies, une mission d’assistance technique en matière électorale ; et

c) en donnant l’occasion au général Sékouba Konaté, dont le rôle dans la première partie de la transition guinéenne a été unanimement salué et qui exerce maintenant des responsabilités importantes au sein de l’Union africaine, de démontrer la continuité de son engagement dans la transition, notamment au travers d’une rencontre avec le président Condé.

Au représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest :

21. Assumer pleinement, en liaison avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le rôle de coordination des efforts internationaux en soutien à la réforme du secteur de la sécurité tel que demandé aux Nations unies par les autorités guinéennes, en mettant en place au plus vite à Conakry le mécanisme de coordination permanent nécessaire pour attirer et conserver la confiance des donateurs dans la conduite de la réforme.

Au président de la Commission de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest :

22. Mobiliser dès à présent les moyens nécessaires à l’en­voi d’une mission d’observation électorale qui serait déployée dans l’ensemble des régions de la Guinée avant et pendant les élections législatives.

A la Commission de consolidation de la paix de l’Organisation des Nations unies :

23. Définir au plus vite avec le gouvernement le calendrier de travail sur les priorités retenues, en particulier la réforme du secteur de la sécurité et la réconciliation nationale.

A tous les bailleurs bilatéraux intéressés par la réforme du secteur de la sécurité, et en particulier aux Etats-Unis, à la France et à la CEDEAO :

24. Réaffirmer leur soutien à la réforme du secteur de la sécurité et améliorer sa cohérence en renforçant la coordination des initiatives bilatérales par les Nations unies.

 

Dakar/Bruxelles, 23 septembre 2011

Par Aboubacar Fofana - Publié dans : Politique
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Jeudi 22 septembre 2011 4 22 /09 /Sep /2011 02:04

Interconnexion Côte d’Ivoire-Libéria-Guinée-Sierra-Leonne : Le projet en bonne voie

Publié le mercredi 21 septembre 2011 | Le Patriote





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Le Ministre des droits de l'homme et des libertés publiques Coulibaly Gnenema a reçu l'ambassadeur des USA en Côte d'Ivoire Philippe Carter III
- RTI - 20/9/2011

 

Le projet d’interconnexion électrique entre la Côte d’Ivoire, le Libéria, la Sierra Leone et la Guinée sera bientôt une réalité. Mercredi dernier, le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Energie, Adama Toungara a présidé une réunion de concertation à laquelle ont pris part, les partenaires techniques et financiers du West African Power Pool (WAPP) et le comité conjoint de mise en œuvre du projet (CCMO). Selon M. Toungara, ce projet d’interconnexion représente un bon point pour le marché ouest africain d’échanges d’énergie électrique. Aussi a-t-il réaffirmé l’engagement du Gouvernement ivoirien à la production et à la distribution d’une énergie abondante, de qualité et compétitive pour la sous région. « La Côte d’Ivoire entend prendre toute sa place à l’intérieur du WAPP en l’appuyant dans la mise en œuvre des actions contenues dans son schéma directeur, notamment en matière d’interconnexion des réseaux électriques pour une plus grande sécurité de l’approvisionnement et une stabilité des réseaux électriques » a-t-il indiqué. D’un coût prévisionnel de 207 Milliards de FCFA, le projet d’interconnexion électrique qui vise à construire une ligne de 1300 km entre ces quatre pays, devrait combler un vide et améliorer le système de distribution de l’énergie électrique de la sous-région. Les interconnexions des réseaux électriques avec le Ghana, le Burkina Faso, le Togo et le Benin étant déjà réalisées, l’interconnexion avec le Mali est en cours de réalisation et sera en service en 2012.
Sogona Sidibé

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Par Aboubacar Fofana - Publié dans : Economique
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Samedi 17 septembre 2011 6 17 /09 /Sep /2011 02:10

Fraude: Le trader soupçonné d'avoir fait perdre 2 milliards de dollars à UBS arrêté à Londres

9 commentaires

Créé le 15/09/2011 à 09h21 -- Mis à jour le 15/09/2011 à 18h49
Le siège de la banque UBS à Zurich en Suisse en 2008.

Le siège de la banque UBS à Zurich en Suisse en 2008. Walter Bieri/AP/SIPA

FINANCE - A l'annonce de la nouvelle, le titre de la banque a plongé de 10%...

La banque suisse a son Jean-Marc Kerviel. Le géant bancaire UBS a révélé jeudi avoir été victime de transactions illégales, qui pourraient lui faire perdre 2 milliards de dollars, et le trader soupçonné d'être l'auteur de la fraude a été arrêté par la police à Londres.

«Nous pouvons confirmer l'arrestation d'un homme de 31 ans à 03H30, sur la base de soupçons concernant une fraude par abus de position», a indiqué un porte-parole de la police. Le suspect a été immédiatement placé en détention, a-t-il ajouté sans autre précision.

Selon Le Guardian, le suspect s'appelle Kweku Adoboli, et travaille au département ETF (Exchange Traded Funds, parts de fonds indiciels cotées en Bourse) d'UBS à Londres. La police londonienne n'a pas révélé son nom.

UBS chute de 10%

La nouvelle de cette arrestation intervient après la publication d'un bref communiqué d'UBS jeudi, annonçant avoir été victime de transactions frauduleuses effectuées par un de ses traders, qui pourraient lui faire perdre 2 milliards de dollars (1,5 milliard d'euros).

La nouvelle a fait l'effet d'une bombe dans le monde financier et le titre UBS a clôturé en chute de 10,80% à 9,75 francs suisses, dans un marché en hausse de 0,29%.

«UBS a découvert une perte due à des opérations non autorisées effectuées par un trader de la division Banque d'investissement» à Londres, a indiqué la banque, ajoutant qu'«une enquête est toujours en cours, mais UBS estime dès à présent que la perte pourrait s'élever à 2 milliards de dollars».

Il est possible, ajoute la banque, que les comptes du troisième trimestre soient plombés par cette affaire et qu'ils soient dans le rouge.

Autre précision de la banque, les clients ne devraient pas souffrir de cette affaire. La direction de la banque a aussi écrit à son personnel pour lui dire que la fraude avait été découverte mercredi et que «les fondamentaux de la banque n'étaient pas menacés».

L'établissement, qui avait subi sa dernière perte au 3e trimestre 2009, pourrait enregistrer un résultat négatif de 500 millions de francs suisses au 3e trimestre 2011, a indiqué à l'AFP un analyste.

Réputation endommagée

«C'est vraiment mauvais pour sa réputation et pour celle de la direction», a-t-il ajouté, soulignant que cette annonce n'était pas positive pour les arrivées nettes de nouveaux fonds. La banque pourra «bien encaisser la perte grâce à ses solides fonds propres, mais le dommage de la réputation sera bien plus sévère», a estimé Rainer Skierka de Sarasin.

«C'est une mauvaise nouvelle pour UBS, mais aussi pour le monde bancaire suisse» a commenté Claude Zehnder de la Banque cantonale de Zurich (ZKB).

Selon lui, la banque avait retrouvé un peu de sa crédibilité perdue, après de nombreux déboires, et l'affaire arrive à un mauvais moment.

Le groupe a en effet annoncé il y a quelques semaines qu'il allait supprimer 3.500 emplois pour faire des économies de 2 milliards de francs suisses.

Il y a trois ans, la banque avait essuyé de très grosses pertes dans les subprimes américains et Berne avait volé à son secours, au grand dam des contribuables suisses.

La classe politique suisse a vivement réagi à ces révélations. "Dès lors qu'un seul trader est en mesure de détourner près de 2 milliards de dollars, cela signifie que le contrôle ne fonctionne manifestement pas", a lancé le PS helvétique.

UBS avait aussi fait face à un grave problème d'évasion fiscale aux Etats-Unis et avait été obligée de divulguer les noms de plusieurs milliers de clients américains et de payer une amende de 780 millions de dollars.

L'affaire révélée jeudi ressemble étrangement à ce qu'a vécu la banque française Société Générale en janvier 2008, lorsqu'elle avait annoncé avoir découvert des transactions hors-normes effectuées par un seul trader, Jérôme Kerviel.

La Société Générale avait liquidé les positions prises par M. Kerviel --plus de 50 milliards d'euros-- pour éviter d'être mise en faillite.

Cette affaire avait coûté à la banque française près de 5 milliards d'euros, et le PDG Daniel Bouton avait dû démissionner fin avril 2009.

© 2011 AFP
Par Aboubacar Fofana - Publié dans : Economique
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Vendredi 16 septembre 2011 5 16 /09 /Sep /2011 10:44
ECONOMIE Air France-KLM passe une commande de plus de 8 milliards d'euros Air France-KLM sort le chéquier. La compagnie a annoncé vendredi prévoir de commander 110 avions long-courriers, dont la part de commandes fermes se chiffre à quelque 12 milliards de dollars (8,66 milliard d'euros) aux prix de catalogue, soit 50 appareils répartis également entre le constructeur européen Airbus et l'américain Boeing . Option de 60 appareils La compagnie aérienne, qui discute toujours avec les constructeurs et prévoit de finaliser les contrats avant la fin de l'année, a également pris une option sur 60 appareils supplémentaires. La commande, qui porte sur le modèle A350-900 d'Airbus, filiale du groupe EADS, et le 787-9 «Dreamliner» de Boeing, sera financée par le cash flow généré par les opérations du groupe, précise Air France dans un communiqué. Croissance de l'activité «Cette première commande d'avions long-courriers commune à Air France et KLM vise au remplacement à moyen terme des appareils de 200 à 350 sièges actuellement présents dans la flotte et l'accompagnement de la croissance de l'activité du groupe», déclare la compagnie aérienne française. L'entreprise précise en outre que le choix de la motorisation des avions Boeing sera effectué ultérieurement, tandis que les Airbus seront équipés du moteur Rolls-Royce Trent XWB. Une centaine de députés français avaient lancé une pétition en juin pour presser Air France, dont l'Etat détient 15,7%, de choisir l'A350 d'Airbus plutôt que le Boeing 787 pour sa prochaine commande.
Par Aboubacar Fofana - Publié dans : Economique
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Vendredi 16 septembre 2011 5 16 /09 /Sep /2011 10:12
ECONOMIE La Bourse de Paris respire grâce à l'action des banques centrales La Bourse de Paris a terminé en forte hausse jeudi, prenant 3,27%, rassurée par l'annonce par les banques centrales de mesures exceptionnelles à destination du secteur bancaire et l'espoir d'avancées sur le dossier grec. Troisième séance de hausse Le CAC 40 a gagné 96,48 points à 3.045,62 points, dans un volume d'échanges de 4,193 milliards d'euros. Il signe sa troisième séance de hausse consécutive. Le marché parisien a passé la journée dans le vert mais a nettement accéléré la cadence, prenant plus de 4% après l'annonce de l'action coordonnée de plusieurs banques centrales. La Banque centrale européenne (BCE), la Réserve fédérale des Etats-Unis, la Banque d'Angleterre, la Banque du Japon et la Banque nationale suisse vont mettre à disposition des banques des liquidités en dollars, via des opérations sur trois mois, pour couvrir les besoins au-delà de la fin d'année. Les bancaires à la fête Les valeurs bancaires se sont envolées grâce à ces mesures, notamment BNP Paribas (+13,38% à 30,05 euros), suivie de Crédit Agricole (+5,89% à 5,52 euros) et Société Générale (+5,44% à 18,33 euro). «Pour l'instant, il faut que le marché digère l'information. La confiance ne revient pas en un claquement de doigts», tempère Arnaud de Champvallier, gérant chez Turgot Asset Management, d'autant que «Lagarde souffle un peu le froid après le chaud des banques centrales». La directrice générale du Fonds monétaire international Christine Lagarde a affirmé jeudi que les économies occidentales étaient plongées dans un «cercle vicieux» aggravé par «les atermoiements des dirigeants» politiques. Action politique en place Reste qu'«avec les banques centrales et la Grèce, on sent qu'une action politique se met en place. C'est ce qu'attend le marché», indique le gérant. L'Allemagne et la France ont exclu mercredi toute sortie d'Athènes de l'Union monétaire et le Premier ministre grec Georges Papandréou a fait part de sa détermination à tenir ses engagements sur son programme d'austérité. Le marché attend surtout beaucoup de la réunion informelle, vendredi en Pologne, des ministres et banquiers centraux de l'Union européenne, à laquelle le secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner doit participer. © 2011 AFP.
Par Aboubacar Fofana - Publié dans : Economique
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