Samedi 1 octobre 2011 6 01 /10 /Oct /2011 01:41
Le monde : Résiliation du contrat du Port de Conakry par Alpha Condé. Necotrans réclame 100 millions d'Euros pour «concurrence déloyale»
posté le 30 septembre à 12h22 | mis à jour le 30 septembre à 12h44 | affiché 1317 fois
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Les péripéties du contrat de la gestion du Port Autonome de Conakry résilié unilatéramment par Alpha Condé en février 2010 pour l'octroyer à Bolloré, continuent. Selon le journal français Le Challenge citant des sources judiciaires du Tribunal de commerce de Nanterre, Nécotrans réclame 100 millions d’euros de dommages et intérêts à Bolloré pour «concurrence déloyale». Pour l’avocat Cédric Fisher de Nécotrans : «Bolloré Africa Logistics s’est rendu complice d’une résiliation illégale» écrit le journal.

Dans une perspective d’un boom minier et économique attendu en Guinée, les sociétés Maersk, Bolloré, NCT Necotrans, avaient soumissionés en 2008 à un appel d’offre lancé en 2008 par l’Etat guinéen pour la gestion du Port Autonome de Guinée. GETMA International, filiale du groupe français NCT Necotrans remporte le contrat, et commence ses investissements. Entre temps l’instabilité politique causée par la mort de Lansana Conté, le coup d’état militaire et l’embargo sur la Guinée suivis par les élections de novembre 2010 qui ont vu la victoire d’Alpha Condé sur Mamadou Cellou Diallo font piétiner le projet de modernation car la société ne trouve pas d’interlocutaire fiable du coté guinéen. Le nouveau président Alpha Condé, aussitôt intronisé informe le 8 mars 2011, les avocats de NCT Necotrans lors d’un dîner, la résiliation immédiate du contrat. Quelques jours auparavant après qu’Alpha Condé ait recu la visite de Bolloré lui même.

Un décret laconique d’Alpha Condé lu à la radio confirme le pire pour Necotrans et dans la foulée Alpha Condé annonce l’octroi du contrat de gestion du Port à Bolloré la compagnie perdante deux ans plus tôt. Sans appel d’offre et le nouveau contrat - qui selon des sources octroyerait l’ensemble de la concession portuaire - du jamais vu ailleurs - n’est pas rendu public aux guinéens. Nécotrans affirme avoir déjà investie plus de 30 millions d’euros commence une guérilla judiciaire en accusant Alpha Condé et Bolloré de «corruption internationale» - pour preuve, selon leur avocats la campagne présidentielle d’Alpha Condé a été faite par l'agence de communication Euro RSCG, que contrôle Bolloré. Cette plainte est classée sans suite de même que celle de «dénonciation calomnieuse» déposée par Bolloré contre Nécotrans. Le gouvernement français embarrassé par les batailles juridiques entre deux de ses entreprises pèsera de tout son poids pour que l’une des parties se rétracte. Sans succès pour le moment. Getma récupère quand même une partie de ses actifs réquisitionnés manu military par les autorités guinéennes. Quant à Bolloré, malgré les engagements pris pour moderniser le port de Conakry, avec une annonce publique en septembre 2011 de dépenser 200 millions de dollars d’ici 2013 pour désengorger le port, peu d’observateurs pensent que cet engagement puisse être tenu compte tenu de la morosité économique mondiale et la difficulté qu’Alpha Condé a, à créer un environnement politique apaisé qui pourrait rassurer les investisseurs. Il est clair que cette poursuite contre elle sera prise en compte dans les décisions de procéder dans ce projet. D’autres part, les projets miniers en Guinée annoncés avec fanfares - s’ils ont lieu - construiront leur propres installations portuaires remarquent les observateurs et le fameux corridor Conakry-Bamako est maintenant moins attrayant pour le moment chez les Maliens avec le retour de la paix en Côte d’Ivoire qui dispose d’un port ultra moderne.

Necotrans déposera le dossier d’accusation au tribunal de Nantes lundi 3 octobre et l’un des avocats de la compagnie qui poursuit indirectement Alpha Condé est … Pierre-Olivier Sur, le même qui avait défendu l’ancien opposant Alpha Condé emprisonné par Lansana Condé pour tentative de déstabilisation de la Guinée suite à son arrestation à la frontière en 1998.
Boubacar Caba Bah
Par Aboubacar Fofana - Publié dans : Politico-économique
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Samedi 1 octobre 2011 6 01 /10 /Oct /2011 01:39
Le monde : Communique du gouvernement guinéen relatif au Rapport d’Amnesty International sur la manifestation du 27 septembre 2011
posté le 30 septembre à 14h21 | mis à jour le 30 septembre à 14h23 | affiché 1402 fois
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© C’est avec regret que nous prenons connaissance de votre rapport relatif aux événements du 27 septembre dernier survenus sur l’axe de la route Le Prince à Conakry, République de Guinée. En effet, les conclusions de ce rapport, qui affirme de façon péremptoire que « le président Alpha Condé a recours aux mêmes méthodes brutales que ses prédécesseurs », sont injustes et infondées dans la mesure où elles s’appuient sur des informations totalement erronées.

Votre version des faits retient entre autres que :
  1. Trois manifestants auraient été tués « … au cours d'affrontements entre la police et des manifestants lors d'un rassemblement de l'opposition »
  2. « des manifestants qui se rendaient dans un stade ont été brutalement stoppés par des policiers qui ont utilisé des balles réelles »
  3. « il semble que les forces de police n'aient reçu aucun ordre visant à limiter leur recours à la force »
S’agissant du point 1 :

Deux décès peuvent être formellement enregistrés comme étant liés à la manifestation du 27 septembre. Ces décès sont consécutifs à des blessures à l’arme blanche et l’une au moins des victimes a été tuée lors d’affrontements entre jeunes manifestants. Ces faits ont été rapportés par la famille même de ladite victime et le témoignage y relatif est vérifiable. Un troisième corps portant une blessure par balle a effectivement été déposé par des inconnus à la morgue de l’hôpital Donka le 27 septembre dans l’après-midi. L’expertise et les enquêtes en cours détermineront les circonstances du décès.

Il aurait suffit à votre ONG de s’adresser aux services hospitaliers compétents pour avoir ces informations.
Nous vous informons que le soir même des événements une information judiciaire a été ouverte pour ces décès.

Sur le point 2 :

Les seuls équipements dont étaient dotées les forces de Police et de Gendarmerie étaient ceux conventionnellement requis pour le maintien de l’ordre à l’exclusion de toute arme à feu. Il est donc totalement erroné d’affirmer que des policiers ont utilisé des balles réelles.

Comme vous le savez, tous les militaires étaient consignés au camp et il leur avait été interdit d’être en dehors de ces camps que ce soit en uniforme ou en civil.

C’est suite à l’érection des barricades pour empêcher la circulation puis aux jets de pierres sur les policiers, gendarmes et population riveraines que la Police et la Gendarmerie sont intervenues pour rétablir l’ordre.
Plusieurs missions diplomatiques occidentales qui avaient des agents présents sur le terrain ont eu à reconnaitre le professionnalisme des gendarmes et des policiers et ont constaté les dommages occasionnés.
Il est important de rappeler que bien que les formalités administratives relatives à l’organisation de cette marche n’aient pas été respectées, les autorités en charge du maintien de l’ordre ont pris toutes les dispositions pour éviter les débordements.
Il est d’ailleurs étonnant qu’Amnesty International déclare que les manifestants se rendaient « dans un stade » alors même que la lettre informative signée par un des organisateurs de la marche, n’en fait pas état. Lettre informative qui, par ailleurs, ne mentionne aucune des données requises par la réglementation en vigueur pour l’encadrement sécuritaire.
Sur le point 3 :
Il nous paraît surprenant pour une ONG de votre réputation d’insinuer que les autorités en charge du maintien de l’ordre aient pu favoriser un usage disproportionné de la force sans même avoir pris attache avec les services concernés.
Nous vous informons que, mis à part les décès, le bilan de cette manifestation est de :
  • 24 gendarmes et 4 policiers blessés, dont plusieurs cas graves
  • Une gendarmerie saccagée et des armes emportées
  • Plusieurs véhicules et édifices endommagés
Malgré cette extrême violence préméditée des manifestants, les personnes interpellées y compris les mineurs, pour trouble à l’ordre public suivi de vandalisme, l’ont été dans les conditions définies par la Loi. Aucune de ces personnes n’a subi le moindre sévices.
Nous vous informons par ailleurs que tous les mineurs de 13 ans arrêtés ont été libérés et que ceux entre 15 et 17 ans ont également été libérés après avoir été prévenus qu’étant pleinement conscients de leurs actes, ils subiraient les rigueurs de la Loi en cas de récidive.
Enfin, nous avons noté avec consternation que votre rapport procède à un amalgame malsain entre les événements douloureux du 28 septembre 2009 et ceux qui viennent de survenir.
Vous comprendrez donc qu’il y a lieu de s’interroger sur votre narration et interprétation de ces événements.
Au moment où la communauté internationale associe ses efforts à ceux du gouvernement guinéen pour la consolidation de la Paix, le renforcement de la démocratie et de l’unité nationale, il serait souhaitable qu’Amnesty International prenne la pleine mesure de ses responsabilités dans cette phase de construction de la démocratie guinéenne.
Les autorités guinéennes ont beaucoup de respect pour Amnesty International. Nous souhaitons qu’à l’avenir, cette institution vérifie mieux les faits avant de faire des déclarations et l’invitons à venir sur place effectuer ses enquêtes.
Le Ministre de la Communication
Porte Parole du Gouvernement
Guinéenews ©
Par Aboubacar Fofana - Publié dans : Politique
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Samedi 1 octobre 2011 6 01 /10 /Oct /2011 01:36
Le monde : «Alpha Condé a recours aux mêmes méthodes brutales que ses prédécesseurs» selon Amnesty International
posté le 29 septembre à 13h40 | mis à jour le 30 septembre à 4h43 | affiché 5784 fois
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© Dans un communiqué de presse dont Guinéenews a reçu copie, l'ONG de défense des droits de l'homme Amnistie Internationale demande aux gouvernement guinéen de mener sans délai, une enquête sur les décès de manifestants lors de la marche avortée du 27 novembre à Conakry.

Amnistie accuse le président guinéen de recourir aux même méthodes brutales que ses prédécesseurs décriés pour l'usage de la force qui a entrainé des morts lors des manifestations de contestations. Aministie constate aussi que cela fait deux années seulement après la mort de 150 manifestants non armés au stade du 28 septembre et le viols publics de femmes en 2009 sous le régime militaire du capitaine Moussa Dadis Camara.

Voici le communiqué in extenso d'Amnestie qui dans le passé avait pris la défense d'Alpha à l'époque opposant du régime du défunt Lansana Conté.

La Guinée doit ouvrir une enquête sur les personnes tuées lors d'une manifestation de l'opposition

Les autorités guinéennes doivent sans délai mener une enquête sur le décès de trois manifestants, tués mardi, dans la capitale Conakry, au cours d'affrontements entre la police et des manifestants lors d'un rassemblement de l'opposition qui avait été interdit, a déclaré Amnesty International mercredi 28 septembre 2011.

À la veille du deuxième anniversaire d'un massacre au cours duquel les forces de sécurité ont tué plus de 150 personnes à Conakry, des manifestants qui se rendaient dans un stade ont été brutalement stoppés par des policiers qui ont utilisé des balles réelles, des gaz lacrymogènes et des matraques. Certains manifestants ont réagi en lançant des pierres sur la police.

Cette manifestation a été appelée par deux des principaux partis d'opposition qui contestaient la manière dont les prochaines élections législatives, prévues pour décembre, étaient organisées.

« Chaque fois que des manifestations populaires ont réclamé des réformes politiques ou économiques, les forces de sécurité guinéennes ont réagi en frappant et tuant des manifestants » a dit Paule Rigaud, directrice adjointe du programme Afrique d'Amnesty International.

« Il est très inquiétant de constater que le président Alpha Condé a recours aux mêmes méthodes brutales que ses prédécesseurs. Bien que le Chef d'État major ait demandé aux militaires de rester dans leurs casernes, il semble que les forces de police n'aient reçu aucun ordre visant à limiter leur recours à la force », a-t-elle dit.

Le président Alpha Condé est arrivé au pouvoir en novembre 2010, suite à une élection contestée qui a mis fin à un régime militaire dirigé par le capitaine Moussa Dadis Camara.

L'un des participants à la manifestation a déclaré à Amnesty International qu'il avait été témoin de l'assassinat d'un autre manifestant par la police : « Les forces de sécurité nous ont pourchassés et ont commencé à frapper certains d'entre nous avec des matraques. Nous nous sommes enfuis et l'un d'entre nous est tombé par terre. Un membre des forces de sécurité s'est penché sur lui et l'a poignardé à mort ».

Un autre témoin oculaire a indiqué à Amnesty International que les forces de sécurité avaient pénétré dans les concessions privées et ont pillé des maisons.

Le 28 septembre 2009, les forces de sécurité guinéennes ont abattu plus de 150 manifestants non armés durant un rassemblement de l'opposition dans ce même stade. Plus de 40 femmes ont été violées en public, au moins 1 500 personnes ont été blessées et beaucoup d'autres ont disparu.

Bien qu'une enquête judiciaire ait été ouverte sur ces faits il y a plus d'une année, les principaux responsables de ces actes n'ont pas été relevés de leurs fonctions et aucun d'eux n'a été traduit en justice.

« Pour mettre un terme à cet usage excessif de la force par la police, il est essentiel de mettre fin au climat d'impunité qui règne actuellement en Guinée », a dit Paule Rigaud.
Guinéenews ©
Par Aboubacar Fofana - Publié dans : Politique
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Samedi 24 septembre 2011 6 24 /09 /Sep /2011 12:20
Exclusif : Les investisseurs étrangers s'abstiennent de tout mouvement en Guinée du 25 septembre au 5 octobre


Avec les menaces de ‘’manifestations pacifiques de rue’’ que compte organiser l’opposition le 27 septembre prochain sur toute l’étendue du territoire national, plusieurs sociétés étrangères de la place ont décidé de s’abstenir de toute rentrée et de sortie de la Guinée à compter du 25 septembre jusqu’au 5 octobre 2011, a appris Conakryinfos de sources proches du gouvernement.

« Pour des mesures de sécurité relatives à la marche de l’opposition, plus de trois sociétés minières de la place ont déjà interdit toutes rentrées et sorties du pays à leurs experts étrangers. Elles ont demandé à leur personnel de s'abstenir de tout mouvement intérieur et extérieur à compter du 25 septembre jusqu'au 5 octobre 2011.», a déclaré un haut cadre de l’Etat requérant l’anonymat.

Joint par la Rédaction de Conakryinfos pour vérifier cette information, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Dirus Dialé Doré a préféré ne pas faire de commentaires.

« Pour le moment, je ne suis pas au courant de rien au sujet de ce que vous dites. Rappelez-moi le lundi prochain pour avoir une réponse à votre question. Merci. », nous a-t-il lancé.

A en croire d'autres sources, plusieurs activités des différents départements ministériels ont commencé à subir la menace de la marche du 27 septembre.

« Le gouvernement prenait à la légère la menace liée à la marche du 27 septembre avec les leaders du collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition. Mais, à la veille de l’organisation de cette manifestation, tous les départements ministériels commencent à ressentir directement ou indirectement les conséquences de cette marche qui pourrait plonger la Guinée dans une nouvelle crise sociopolitique. », a remarqué un cadre du ministère de l’Enseignement technique et professionnel.

« Aujourd’hui, même nos partenaires techniques qui sont venus pour organiser des séances de formation à l’intention des enseignants des écoles professionnelles, ont décidé de revoir leur copie en attendant de trouver un heureux dénuement à cette crise qui se pointe à l’horizon. », a-t-il avoué.

Par ailleurs, dans le secteur maritime, les mêmes sources soutiennent que huit bateaux qui devaient accoster au port de Conakry, sont actuellement en attente au large de Conakry pour faute de place sur le quai du Port autonome de Conakry.

Les leaders du collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition ont décidé cette semaine d’organiser à partir du mardi 27 septembre prochain, des ‘’manifestations publiques pacifiques’’ pour remmener disent-ils, le gouvernement du président Alpha Condé au dialogue sur la situation politique actuelle du pays, afin de finaliser la transition en cours en Guinée depuis la mort du président Lansana Conté en 2008.

Au moment où nous mettions en ligne cette dépêche, Sidya Touré, le président de l'UFR, joint par notre Rédaction, a confirmé le maintien de la marche du 27 septembre prochain par le collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition.

« Notre manifestation publique pacifique reste maintenue. Nous publierions ce soir même l'itinéraire à suivre pendant cette marche pour la démocratie qu'on ne veut pas du tout qu'on dramatiser.”, a promis le président de l'UFR.

Mercredi, Sidya Touré a demandé au gouvernement d'organiser des élections législatives libres et transparentes pour la mise en place d'une Assemblée nationale où toutes les sensibilités politiques du pays pourraient être représentées.

« On ne le souhaite pas, si les élections ne sont pas respectées, il n’y aura pas de paix en Guinée. Car, il n’y a pas de démocratie sans Assemblée nationale. », a prévenu Sidya Touré, le président de l’UFR. Car, sans

Boua Kouyaté
Tél : (224) 64-66-85-67

Par Aboubacar Fofana - Publié dans : Politico-économique
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Samedi 24 septembre 2011 6 24 /09 /Sep /2011 01:05

Standard & Poor's abaisse la note de l'Italie, Berlusconi hausse le ton

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Standard & Poor's a, pour la première fois depuis le début de la crise, abaissé d'un cran la note de l'Italie. L'agence de notation estime que les perspectives de croissance sont faibles. Silvio Berlusconi dénonce une décision "politique".

Par Claire BONNICHON (vidéo)
Dépêche (texte)

AFP - Standard and Poor's (S&P) a abaissé la note de l'Italie en raison des sombres perspectives de croissance et de la fragilité du gouvernement de Silvio Berlusconi, qui a immédiatement dénoncé une décision "politique", une accusation rejetée par l'agence.

S&P a abaissé dans la nuit de lundi à mardi la note de l'Italie d'un cran à A et l'a assortie d'une perspective négative, ce qui signifie qu'elle envisage encore de la dégrader.

Critiquée par Rome, qui l'a accusée d'avoir pris une décision "faussée par des considérations politiques", l'agence est montée au créneau en martelant que ses évaluations étaient "apolitiques".

En Italie, l'opposition faisait toutefois elle aussi une lecture politique de cette dégradation de la note, qui prouve selon elle la perte de crédibilité du Cavaliere, fragilisé par de nouvelles révélations sur ses frasques sexuelles.

Cette décision de Standard and Poor's est un coup dur pour la troisième économie de la zone euro, dont la note n'avait jamais été abaissée depuis le début de la crise de la dette, et attise les craintes de contagion.

S&P pourrait maintenant être suivie par Moody's qui a prolongé vendredi son examen et pense rendre son verdict en octobre.

Pour Standard and Poor's, cette dégradation est due à "l'affaiblissement des perspectives de croissance de l'Italie" et à "la fragilité de la coalition au pouvoir" qui va "continuer à limiter la capacité de l'Etat à répondre de manière décisive" à la crise.

Un déclassement de l'Italie ayant été anticipé par les marchés, la Bourse de Milan prenait 1,40% vers 12H00 GMT, après avoir ouvert en baisse. Les taux italiens étaient en revanche toujours sous tension sur le marché obligataire, signe de la méfiance des investisseurs.

Malgré l'adoption le 14 septembre d'un plan de rigueur de 54,2 milliards d'euros devant permettre au pays de parvenir à l'équilibre budgétaire en 2013 et de réduire sa dette colossale (120% du PIB), l'Italie ne parvient pas à rassurer les marchés qui doutent de la crédibilité du gouvernement.

D'autant plus que Silvio Berlusconi est empêtré dans de nouvelles révélations embarrassantes sur ses relations avec un entrepreneur accusé de lui avoir fourni des prostituées en 2008 et 2009.

Avant cela, l'affaiblissement du gouvernement avait été mis en lumière par les tergiversations qui ont émaillé la mise au point du plan d'austérité.

Réaffirmant la "solidité" de la majorité, le gouvernement a rappelé que son plan de rigueur avait été adopté sans difficultés au Parlement et qu'il préparait des "mesures de soutien à la croissance dont les fruits se verront à court et moyen terme".

Mais Standard and Poor's estime que les objectifs de réduction du déficit seront "difficiles à atteindre" en raison de perspectives de croissance plus faibles qu'auparavant et juge en outre que le gouvernement reste "réticent" à adopter des réformes structurelles ambitieuses.

En Italie, les réactions à l'égard du gouvernement étaient très dures.

Ou le gouvernement fait des "réformes sérieuses et impopulaires (...) ou il doit démissionner", a lancé la "patronne des patrons", Emma Marcegaglia, tandis que le quotidien économique Il Sole 24 Ore dénonçait un "gouvernement incapable de gouverner".

"Les faits de ces dernières heures nous disent toujours plus clairement que l'Italie est dans les mains d'un grave malade", a déclaré Debora Serracchiani, du Parti Démocrate (gauche).

Alors que majorité et opposition sont à couteaux tirés, Bruxelles a insisté de son côté sur la nécessité de dégager un "consensus politique national" afin de lancer "un programme ambitieux de réformes pour s'attaquer aux faiblesses structurelles profondément ancrées de l'économie italienne".

 

 

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L'introduction en bourse
Par Aboubacar Fofana - Publié dans : Finance
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