Samedi 22 août 2009 6 22 /08 /Août /2009 14:48

Réuni à Genève (Suisse) les 20 et 21 février 2009, un groupe de patriotes et d’intellectuels  guinéens,

  • provenant de différents milieux socioprofessionnels, d'associations et d’organisations non gouvernementales de la Diaspora,
  • conscients des nouveaux enjeux politiques, juridiques, sociaux et économiques  découlant du coup d’Etat du 23 décembre 2008 à Conakry,
  • concernés par la période de transition politique qui s’ouvre dans leur pays,
  • souhaitant accompagner ce processus politique et soutenir les objectifs du Groupe International de Contact sur la Guinée (GIC-G),
  • soucieux de la réussite de la Transition sans pour autant donner un blanc-seing au Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD) et au Gouvernement de la République de Guinée,
  • considérant que le succès de la Transition devra être, cette fois, bénéfique à tous les citoyens guinéens,

Après mûres réflexions, et parfois, des débats contradictoires, déclare fondamentale la réalisation des priorités suivantes durant la période de transition politique en Guinée :

  1. La mise en place d’un Conseil National de Transition (CNT) en tant qu'organe législatif provisoire comprenant des représentants de toutes les forces vives de la Nation : classe politique, société civile, partenaires sociaux, diaspora ;
  2. La restauration de l’Etat et de son autorité, en particulier dans les domaines de l’administration, de la sécurité et du fonctionnement des tribunaux ;
  3. L’organisation d’un dialogue au niveau national pour une large concertation et la mise en œuvre des différentes étapes de la Transition ;
  4. La révision et l’adoption, à l’issue de discussions approfondies dans le cadre d’un dialogue national tripartite, de la Constitution de 1990 en vue de l’équilibre des pouvoirs et de l’instauration d’un Etat de droit ;
  5. La restauration de l’indépendance de la Justice et la réhabilitation du système judiciaire notamment par la création d’un Conseil Constitutionnel et d’une Cour des Comptes ;
  6. L'organisation d’élections libres, transparentes et crédibles par le soutien à la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) afin de garantir sa réelle indépendance vis-à-vis de l’Exécutif et sa neutralité face au champ politique ;
  7. La mise en place d’une Commission Vérité, Justice et Réconciliation telle que présentée dans le Chronogramme du Chef de l’Etat le 16 février 2009, afin de tourner les pages sombres de l’Histoire de la Guinée ;
  8. La promotion de la gouvernance démocratique aux plans politique, social et économique ;

9. La réorganisation des forces armées nationales: missions, code de conduite, moyens.

A cet effet, le groupe susmentionné adresse la Déclaration de Genève pour la Transition Politique en Guinée aux nouvelles autorités guinéennes, en particulier au Chef de l’Etat, au CNDD, au Gouvernement, ainsi qu’aux Forces vives de la Nation, au Groupe international de Contact sur la Guinée et aux médias.

Fait à Genève, le 21 février 2009

Les signataires :

 

  • Dr Boubacar ARIBOT, Pharmacien, Lausanne, Suisse

 

  • M. Thierno Oumar BAH, Haut-fonctionnaire à la retraite, Genève, Suisse

 

  • M. Abdou Ghoudoussi BALDE, Journaliste, Genève, Suisse

 

  • M. Lamine BALDE, Maître de Conférences en Chimie Physique, Université Paris Sud, France

 

  • Dr Dominique BANGOURA, Politologue et juriste, Présidente de l’Observatoire Politique et Stratégique de l’Afrique (OPSA), Université Paris I Panthéon-Sorbonne ; membre fondateur  du « Collectif pour une Transition Démocratique en Guinée » (COTRADEG), France

 

  • Mme Aïssatou BARRY, Ecrivain, Villeneuve, Suisse

 

  • M. Alfa Ousmane BARRY, Sociologue, Ecrivain et Journaliste, Paris, France

 

  • M. Bali de Yeimbérein Alpha Oumar DIALLO, Ecrivain, membre de « Les Amis du Futur » (LAF) –France, Paris, France

 

  • S.E. Issa Ben Yacine DIALLO, ancien Secrétaire Général adjoint des Nations Unies, Genève, Suisse

 

  • M. Biro DIAWARA, Nations Unies, Genève, Suisse

 

  • Dr Alpha Oumar DRAME, Ingénieur-Administrateur, Ecologiste, Conseiller municipal en Ville de Genève, Suisse

 

  • M. Aboubacar FOFANA, Economiste, membre du Club « Demain La Guinée » (DLG), Paris, France

 

  • M. Madice KEITA, Capitaine, Ingénieur d’aviation ; fondateur de la « Coordination des Militaires Guinéens en Exil » (COMIGEX), Suisse.

 

 

 

 

 

 Genève février 2009.

 

 

Par Aboubacar Fofana - Publié dans : Réflexion
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Samedi 22 août 2009 6 22 /08 /Août /2009 13:48
 

Pour pouvoir répondre à cette question il nous semble nécessaire tout d’abord de nous arrêter sur le terme du développement.

 

Qu’est-ce que le développement ?

 

D’après Wikipédia (encyclopédie libre), le développement économique fait référence à l’ensemble des mutations positives (techniques, démographiques, sociales, sanitaires…) que peut connaitre une zone géographique (monde, continent, pays, région…).

 

Elle ne doit pas être confondue avec la croissance économique qui est nécessaire ou consécutive au développement mais n’en constitue qu’un aspect.

 

Dans une acceptation généralement admise, cette notion repose essentiellement sur l’agrégat que constitue le P.I.B (Produit Intérieur Brut). Mais l’on s’est finalement rendu compte que le PIB n’était pas un bon indicateur de développement.

 

Un autre indice, concocté par les soins de l’O.N.U (Organisation des Nations Unies), a été par la suite pris en compte. Il s’agit de l’I.D.H (Indice de Développement Humain). Ce indice a l’avantage de prendre en compte, en plus du PIB, d’autre critères de développement comme l’état d’instruction des populations (alphabétisation), les progrès dans le domaine de la santé, etc.

 

Nous constatons, que quelque soit l’indicateur pris en compte, qu’il s’agisse du développement sur la base du PIB ou de l’indice de développement humain, à plus forte raison du développement durable, l’Afrique semble être loin de l’objectif de départ.

 

Nous nous rappelons l’assertion de Monsieur René Dumont dans les années soixante affirmant que « l’Afrique noire est mal partie ». Ceci souleva un tollé d’indignation générale. Les faits lui donnent raison à posteriori.

 

Pourquoi en presque un demi siècle d’indépendance, les pays africains n’ont pas connu une amorce de développement ?

 

Après cinquante années d’indépendance, nous constatons partout un recul économique, l’exode rural, la paupérisation des paysans, le manque criant d’infrastructures de base (écoles, hôpitaux, etc..). Nous avons remarqué une omnipotence et une omniscience du politique dans tous les domaines. La mal gouvernance érigée en système de gouvernement. Cela a conduit au fait que le parti du pouvoir dominant, c'est-à-dire le « Parti - Etat », est venu régenter la sphère économique, alors qu’il était censé donner une impulsion politique et laisser le champ économique aux agents dudit domaine.

 

Nous avons noté dès le départ une absence criante d’un processus démocratique. L’opinion publique jusqu’à très récemment était tenue pour quantité négligeable. Nous avons aussi assisté à une coopération « monopolistique » avec l’ancienne puissance colonisatrice. Les débouchés extérieurs de nos matières premières étaient, pour la plupart, les ports de l’ancienne puissance colonisatrice. Tout ceci a conduit à la stagnation économique dénoncée plus haut.

 

 Que faut-il donc faire pour redresser la barre ?

 

Il nous semble nécessaire de diversifier les sources d’exportation de nos produits. Faire jouer une saine concurrence entre les différents intervenants sur le marché, ne jamais mettre tous ses œufs dans le même panier comme le préconise si bien l’adage populaire.

 

Le Niger vient de faire sienne cette assertion en décidant de renégocier à la hausse le prix à la tonne de son uranium exploité depuis plus de quarante ans par la société française AREVA et surtout en partageant dorénavant les champs d’exploitation entre la France et la Chine.

 

Pour nous il n’y a pas et il n’y aura jamais de développement sans bonne gouvernance et sans démocratie. Nous devons avoir suffisamment présent à l’esprit le triptyque : bonne gouvernance, démocratie et développement.

 

Vous comprendrez aisément que ces constatations peuvent s’appliquer à n’importe quel pays africain, à commencer par la Guinée car elle fût le deuxième pays africain, après le Ghana, à accéder à l’indépendance le 2 octobre 1958.


Aboubacar Fofana
Economiste
Président du Club DLG. 




Paris le 30 novembre 2007.

N.B : Cet article est la transcription d’une contribution lors d’un débat sur les ondes de la radio : Africa numéro 1 (107.5 fm ).

 


Par Aboubacar Fofana - Publié dans : Rétrospective
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Samedi 22 août 2009 6 22 /08 /Août /2009 13:27

                                          "Mieux vaut prévenir que guérir"


Nous venons de vivre la disparition du deuxième Président de la République de Guinée ce mardi 21 décembre 2008. Il était en place depuis le 3 avril 1984, une semaine après la mort de Ahmed Sékou Touré suite à un coup d’Etat sans effusion de sang.

 

Il consentit à l’instauration d’un multipartisme intégral en 1990, dans la foulée de la chute du mur de Berlin.

Une nouvelle constitution appelée Loi Fondamentale fût adoptée avec une limitation du nombre de mandats présidentiels à deux.

 

Il se fit « élire » deux fois de suite et fit adopter, par une assemblée godillot, une modification de la constitution, en 2003, qui fit sauter le verrou du nombre de mandats et porta la durée de celui-ci de cinq à sept ans.

 

Monsieur Lansana Conté était malade depuis plusieurs années et n’était plus apte à diriger car ne disposant pas de toutes ses facultés.

 

Malgré une disposition de la Loi Fondamentale qui stipule en son article 34 la possibilité pour le Président de la Cour Suprême, sur saisine du Président de l’Assemblée nationale de prononcer la vacance du pouvoir cela ne fût pas fait.

 

La vie politique interne est restée ainsi bloquée, depuis des années, par la seule volonté des clans gravitants autour du chef de l’Etat et dont les intérêts sont diamétralement opposés à ceux du reste des citoyens.

 

L’article précédemment cité prévoit aussi la suppléance, par le Président de l’Assemblée, de la présidence de la République en cas de vacance du pouvoir pour une période de soixante jours avec obligation d’organiser des élections présidentielles.

 

Quelques heures après l’annonce officielle du décès , un groupe de militaires prend l’initiative d’un coup d’Etat qui en suspendant toutes les institutions républicaines empêche l’article 34 d’entrer en action.

 

Ce putsch a ouvert un débat qui est loin d’être refermé entre les pour et les contre en ce qui concerne la prise de pouvoir, une fois de plus par l’Armée.

 

Par principe, nous sommes contre toute prise de pouvoir par la force des armes.

 

Nous ne méconnaissons pas le fait que l’Armée soit une partie intégrante du peuple et que ce dernier, en cas d’oppression, ait le droit de résister par tous moyens qu’il juge utiles, tel que stipulé dans la loi fondamentale en son article  19 alinéa 4.

 

La préoccupation qui nous emmène aujourd’hui à la réflexion qui suit est de savoir pourquoi, très souvent, en Afrique les institutions ne fonctionnent pas comme prévu ?

 

Comme nous l’avions dit dans un précédent article, tous les problèmes des Etats Africains ne sont que la résultante de l’inobservation des règles de droit qui nous gouvernent.

 

Le coup d’Etat a soulevé une vague d’indignation que ce soit en Guinée même ou au sein de la diaspora sans oublier les institutions internationales comme l’Union Africaine (U.A.), la Communauté Européenne (C.E.E), l’Organisation des Nation Unies (O.N.U), le gouvernement des Etats Unis, du Canada, etc.

 

Pourquoi ? par ce que en ce qui concerne l’U.A. par exemple, l‘un de ses articles fondateurs interdit tout changement de pouvoir en dehors des voies constitutionnelles.

 

L’on se demande où étaient toutes ces organisations au moment où Monsieur Lansana Conté et ses gouvernements successifs violaient allègrement les règles constitutionnelles qu’il avait lui-même suscitées, soutenues et fait mettre en place?

 

Ne devrait-on pas se préoccuper, au niveau des institutions comme l’U.A. de prévention au lieu de penser uniquement à jouer les pompiers dans la résolution des conflits une fois qu’ils surviennent ?

 

Dans l’exemple guinéen actuel comme dans le précédent avec la crise de janvier-février 2007 ayant pour point d’orgue le massacre de jeunes gens qui ne réclamaient que leurs droits les plus élémentaires, les instances internationales se sont fendues de déclarations polies et la médiation africaine n’a pas mis en place un comité de suivi des accords tripartites, une fois la paix revenue.

 

Il nous semble important que le temps soit venu de réfléchir aux causes ( le non respect de la constitution ) plutôt qu’aux conséquences ( les coups d’Etat par exemple) du blocage des institutions.


L’on arrive souvent à ce genre de situations quand les citoyens n’ont plus confiance dans les institutions ainsi que dans les hommes qui les dirigent. Quand ils pensent qu’ils n’arriveront jamais par la voix des urnes à faire une alternance politique à la tête de l’Etat. Quand le Président en place change les règles du jeu démocratique (en modifiant le nombre de mandats autorisés par exemple) pour pouvoir briguer un nouveau mandat. Cela constitue un coup d’Etat constitutionnel, une violence faite à l’intelligence du peuple.

 

Ce qui précède doit constituer une alerte suffisante, un signe prémonitoire pour que la communauté internationale perçoive le feu qui couve sous la cendre.

C’est ainsi qu’on prépare le lit aux coups d’Etat. Après, il est trop tard pour agir et l’on ne fera que réagir.

 

Le comble du paradoxe, c’est que le coup d’Etat devient salvateur de la vie de toute une nation.

 

Ce que nous trouvons gênant dans ce coup d’Etat militaire intervenu en Guinée, c’est que c’est le même corps qui a tiré sur les jeunes d’abord en 2006, ensuite en 2007 pour défendre le régime Conté. Même si ce n’est qu’une frange de celui-ci ou des « mercenaires ».

 

Dans leurs dernières mutineries, on avait pas senti des préoccupations d’ordre social concernant l’ensemble de la population mais plutôt des revendications catégorielles qui ne concernaient qu’eux-mêmes.

 

Les populations guinéennes attendent donc que l’armée redore son blason en commençant par présenter des excuses aux familles éplorées et en poursuivant les commanditaires. Ensuite en tenant les promesses qu’elle tient en ce moment en démentant l’adage qui veut que « les promesses n’engagent que ceux qui y croient ».


L’on se souvient aussi des déclarations du CMRN (Comité Militaire de Redressement National) en 1984. Il Parait que « l’enfer est pavé de bonnes intentions » !

 

Vous constaterez que le contentieux reste lourd entre le peuple et son armée et la confiance sera difficile à rétablir.

L’euphorie risque de retomber si des mesures de salubrité publique ne sont pas rapidement prises.

 

A l’image de Messieurs Amadou Toumani Touré du Mali, de Jerry Rawlings du ghana, de Ould Val de mauritanie, nous souhaitons ardemment que Monsieur Moussa Dadis Camara puisse lever tous les doutes qui se font jour et démentir tous les sceptiques en réduisant tout d’abord, la période de transition de deux à un an. Ensuite en mettant en place , en concertation avec toutes les forces vives et les politiques, une commission chargée de réfléchir aux améliorations a apporter à la loi fondamentale (limitation du nombre de mandats présidentiels, la durée de ce mandat, et surtout l’impossibilité pour quiconque de modifier ultérieurement ces dispositions, possibilité de coupler les élections législatives et présidentielles, etc.).

 

La vigilance reste de mise pour ne pas que nous rations ce troisième rendez vous avec l’histoire (1958-1984-2008).

 

En attendant sa constitution on se demande quel gouvernement il y aura : un gouvernement de consensus national ou juste le CNDD aux commandes des affaires ?



Aboubacar Fofana
Economiste
Président du Club DLG.


Paris le 28 décembre 2008. 

 

 

 

 

Par Aboubacar Fofana - Publié dans : Réflexion
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Samedi 22 août 2009 6 22 /08 /Août /2009 02:00

 

Nous vous proposons d’aborder aujourd’hui ce triptyque sous l’angle de l’interférence ou interaction que chacun des trois éléments pris séparément peut avoir sur les deux autres.

 

En effet nous constatons que beaucoup de problèmes que nous rencontrons dans la vie de nos sociétés découlent de l’incompréhension sinon de la non observation des principes de base constitutifs de ces trois concepts.

 

Nous essaierons tout d’abord de clarifier ces thèmes avant de voir dans quelle mesure ils interagissent les uns vis à vis des  autres.

 

L’état de droit, c’est un Etat qui repose d’emblée sur la séparation des pouvoirs entre le législatif, le judiciaire et l’exécutif, telle que préconisée par Charles-Louis de Secondat, baron de la Brède et de Montesquieu en 1748.

 

C’est un Etat dans lequel le pouvoir législatif repose sur la constitution ou la loi constitutionnelle ou encore loi fondamentale et les pouvoirs judiciaire et exécutif soumis à la loi et au droit. Dans un tel état, les autorités publiques sont soumises aux textes de loi édictés comme n’importe quel autre citoyen.

 

Dans un Etat despotique, les gouvernants sont affranchis de toute règle de droit comme le fait remarquer le Pr Maurice Duverger.

 

 La prééminence du droit (rule of law) reste le fondement de l’Etat de droit selon  S.J.Niemba dans son livre intitulé : »Etat de droit, démocratique, fédéral au Congo-Kinshasa ».

 

Dans un tel Etat, l’action des pouvoirs publics repose forcément sur le droit.

Par opposition, un Etat policier est celui dans lequel les autorités publiques ont des pouvoirs illimités qui ne sont soumis à aucun pouvoir juridictionnel fait remarquer R. ERGEC.

 

Ainsi nous remarquons, vu ce qui précède, que dans un Etat de droit, le législateur vote des lois sur proposition parlementaire ou sur un projet gouvernemental, dans un souci d’impartialité et d’équité. Les lois ne sont pas faites contre une personne mais pour protéger la société contre les dérives.

De ce fait, les lois sont impersonnelles et doivent s’appliquer quelque soit le justiciable.

 

 

La Gouvernance, sous entendu la bonne gouvernance, car seule celle là nous intéresse, qu’elle soit politique, économique ou juridique suppose l’observation des règles de droit ci-dessus énoncées.

 

 Le terme de gouvernance vient du champ économique et a connu le succès actuel du à la généralisation des règles du domaine privé vers la gestion de la chose publique.

La bonne gouvernance politique consiste dans le fait de respecter les échéances électorales, c'est-à-dire organiser des consultations régulières, à date échue et sans contestation possible. .


D’après les résolutions du Nepad (nouveau partenariat économique pour l’Afrique), la bonne gouvernance présente huit caractéristiques majeures. Elle repose sur la participation, recherche le consensus et se montre responsable, transparente, réactive, efficace, équitable, inclusive et respecte la force de la loi. Elle veille à ce que :


 .La corruption soit minimisée,

 .Les vues des minorités prises en compte

 .Les voies des membres les plus vulnérables de la société entendues lors des prises de décision.

 
De même, elle doit répondre aux besoins actuels et futurs de la société.

 

La démocratie, c’est le régime politique dans lequel le pouvoir est détenu ou contrôlé par le peuple (principe de souveraineté), sans qu'il y ait de distinctions dues à la naissance, la richesse, la compétence... (principe d'égalité). En règle générale, les démocraties sont indirectes ou représentatives, le pouvoir s'exerçant par l'intermédiaire de représentants désignés lors d'élections au suffrage universel, d’après une définition donnée par un dictionnaire politique (le toupictionnaire).


L’un des fondements de la démocratie demeure donc la séparation des pouvoirs
entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire.

Le peuple demeure le seul détenteur de toute légitimité car c’est lui qui accorde son suffrage lors des élections. Il est donc souverain.


Tous les citoyens demeurent égaux devant la loi qu’ils soient dirigeants ou simples citoyens.

Pour nous être démocrate c’est veiller à traduire dans les actes que l’on pose à chaque instant, surtout quand on est un dirigeant, ou un représentant, les principes fondamentaux de l’état de droit. C’est a à dire le respect de la loi, le respect du verdict des urnes et de l’adversaire politique en reconnaissant la victoire comme la défaite.


La démocratie c’est une manière d’être,  une attitude.


Dans la réalité qu’est ce que nous constatons dans les pays Africains?

Des contestations postélectorales suites à des élections transparentes ou non, des tricheries et bourrage d’urnes, la mauvaise foi manifeste des perdants, des propos irresponsables, des appels à la désobéissance civile et à manifester, etc.

Il n’est pas déshonorant de perdre et l’on ne gagne pas à tous les coups. La défaite doit être considérée comme une occasion de mieux faire la prochaine fois. Le respect de l’adversaire doit être de mise entre les différents protagonistes.

La démocratie c’est surtout l’alternance pacifique au pouvoir. Un pouvoir qui ne change pas et qui perdure finit toujours par dormir sur ses lauriers et se scléroser.


Le seul moyen de cette alternance « civilisée » demeure le passage par les urnes
et le respect par les candidats et leurs militants des règles qui nous gouvernent.


Tous les problèmes de nos états viennent de la non observation des règles de droit contenues dans nos lois fondamentales ou constitutions.

 

Il faut laisser celui qui gagne une élection, aller jusqu’au terme de son mandat même si on n’est pas d’accord avec sa manière de gouverner. En ce moment là on pourra le sanctionner en ne le reconduisant pas.


Il n’est pas sain et ce n’est pas démocratique de changer les règles du jeu en cours de route
en tripatouillant la constitution. Si on devait « nécessairement » le faire, il serait mieux indiqué de procéder par un référendum pour son approbation et non pas passer par une chambre d’enregistrement que constitue souvent un parlement godillot.

C’est le cas, quand les sortants s’avisent de faire sauter le verrou du nombre de mandats constitutionnels pour pouvoir se représenter une énième fois. Souvent c’est ceux la même qui se sont battus pour imposer la dite constitution qui la retouche par la suite.


Ce fût le cas dans beaucoup de pays comme la Guinée, le Cameroun et dernièrement l’Algérie.


Le démocrate, c’est celui qui fait ce qu’il dit et dit ce qu’il fait. Il a ses  convictions chevillées au corps.

Le démocrate tient le même discours quelque soit l’interlocuteur qu’il a en face de lui et quelque soit l’endroit où il se trouve. C’est ce que nous appelons un discours qui n’est pas à « géométrie variable ».

 

En effet comment comprendre, par exemple dans le cas Mauritanien, qu’un Président démocratiquement élu à la suite d’élections reconnues par tout le monde comme transparentes soit renversé  par un coup d’état militaire au prétexte qu’il serait devenu impopulaire ?

 

Qu’adviendrait-il d’un autre gouvernement qui leur déplairait ?

 

Le plus affligeant dans cette histoire c’est de trouver des soi disant démocrates soutenir fermement les putschistes dans leur basse besogne.

 

L’Armée ne doit pas maintenir une épée de Damoclès au dessus de la tête du jeu politique et ne doit pas jouer le censeur de la vie politique. Ce n’est pas là son rôle.

 

Pour ce qui est du Zimbabwé avec Robert Mugabé, nous sommes dans le cas d’espèce d’un pouvoir despotique ou les règles élémentaires de droit sont à la merci de la volonté d’un seul homme qui fait la pluie et le beau temps. Cela fait maintenant presque un an que le monde entier est suspendu aux péripéties pré et post électorales d’un pays. On va de négociations en négociations sans trouver un accord définitif.


Tant que les acteurs ne seront pas convaincus de la nécessité de sortir leur pays du bourbier dans lequel il se trouve rien ne marchera.

Morgan Tzvangirai, suite aux élections législatives gagnées de haute lutte, malgré des intimidations de toutes sortes, est en droit de former un gouvernement et d’avoir les coudées franches pour diriger ce pays.

 

Après ce qui précède, l’on peut aisément se rendre compte de l’interaction entre les principes d’un Etat de droit, basé sur la séparation des pouvoirs entre le législatif, l’exécutif et le judiciaire, ceux de la bonne gouvernance et ceux relatifs à la démocratie.

 

Toutes choses étant égales par ailleurs, les uns ne vont pas sans les autres et il est inconcevable pour tout Etat qui se veut  moderne et efficient de s’en passer.

                       

Le développement de nos pays  passera obligatoirement par la réalisation de ce triptyque.

 

 

 

Aboubacar Fofana

Economiste
Président du Club D.L.G

 

Paris le 28 novembre 2008

 

 

Par Aboubacar Fofana - Publié dans : Juridique
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Samedi 22 août 2009 6 22 /08 /Août /2009 01:44


Nous vivons, ce 20 janvier 2009 le parachèvement de la fameuse prophétie du Pasteur Martin Luther King, à savoir la concrétisation de sa phrase passée à la postérité : « I have a dream ».

 

Nous allons tout d’abord parcourir les huit années passées par Bush à la Maison Blanche, avant d’arriver à  la victoire triomphale de Barak Obama le 4 novembre 2008 et faire des projections sur ce que la nouvelle administration peut apporter à l’Amérique d’abord, au reste du monde ensuite.

 

Georges Bush est arrivé au pouvoir en janvier 2000 avec pour tout programme une certaine conception de ce que devraient être les rapports entre les différents Etats du monde. En somme une vision manichéenne de la planète entre le bien et le mal, entre les « bons » et les « méchants » sous l’influence des télé-évangélistes. En plus de cela un dogme libéral à toute épreuve.


A partir de ce postulat le « chevalier blanc » avait une mission, celle d’éradiquer le mal.

 

Il y avait donc un clivage entre des « Etats respectables » et les Etats qui étaient supposés ne pas l’être c'est-à-dire des « Etats voyous ».

Toute croyance qui ne relevait pas des croyances judéo chrétiennes était suspecte de terreau terroriste.

 

Sur ces considérations se produisent les attentats du 11 septembre 2001 qui éprouvèrent les Etats Unis et surprirent le monde entier.


Cela constitua une aubaine pour l’équipe Bush et lui permit de mettre en pratique sa fameuse théorie de la guerre préventive qui s’est soldée par deux guerres qui continuent encore, en Afghanistan d’abord, en Irak ensuite.

 

L’année 2008 a vu se poursuivre sur le plan financier la poursuite de la crise des subprimes ( plus de 3100000 foyers auraient perdu leur maison) commencée en 2007 et qui a atteint son paroxysme avec la faillite en chaine de Lehmann Brothers, le sauvetage in extremis de la compagnie d’assurance AIG, la chute de Wall Street ainsi que de toutes les bourses mondiales et pour couronner le tout, le plus gros scandale financier de tous les temps, je veux parler du scandale Bernard Madoff avec plus de 50 milliards de dollars américains de pertes pour des épargnants qui avaient placés leur confiance en ce courtier.

 

La crise financière, comme prévue, n’a pas tardée à se muer en crise économique généralisée qui touche à présent la plupart des pays du monde avec sa cohorte de licenciements (pus de 100000 à wall street), dans l’industrie automobile, etc.

 

L’élection de Barak Obama est le fruit du rejet de cette politique unilatérale et néo libérale à outrance qui a conduit le monde dans l’impasse.


Cette élection permet à l4amérique de se réconcilier avec elle-même avant de le faire avec le reste du monde.

Son fameux slogan Yes We Can a finit de convaincre que rien n’est impossible avec des convictions (les bonnes).

Il réalise, enfin, le rêve de Martin Luther King de voir les frontières raciales et superficielles s’effacer devant la force des idées .


Cette élection enfin soulève une montagne d’espoir de tous les déshérités de la terre à commencer par les Afro américains.

 

Que doivent attendre les pays Africains et par delà le monde entier de cette élection ?

 

Il faut avoir présent à l’esprit que Barak Obama est Américain, élu par les Américains et pour les Américains. Cela a son importance. Ils l’ont élu pour s’occuper et essayer de résoudre leurs problèmes.

 

Il a beau être le fils d’un Kényan, ce n’est pas pour autant lui qui va solutionner les problèmes des pays Africains. Il a déjà assez de soucis comme ça avec le lègue que lui a fait Bush.

 

C’est aux pays Africains eux même d’engager les réformes de fond et instaurer des règles de bonne gouvernance en leur sein.


Mais comme vous le savez, les Etas Unis restent la première économie et puissance militaire du monde. Et les économies sont imbriquées les unes aux autres. Ce qui est bon pour le redressement des Etats Unis ne peut faire que du bien aux autres.

 

Nous pouvons raisonnablement penser qu’il essaiera de solutionner les conflits de par le monde en commençant par l’Irak et en mettant le paquet sur le conflit Israélo Palestinien.

 

Sur le plan multilatéral, les Etats Unis vont signer le protocole de Kyoto pour le mieux être de l’humanité.

 

Nous pensons aussi et à juste titre que les dictatures de par le monde vont régresser, surtout en Afrique. Elles ne trouveront plus d’oreille complaisante dans l’Administration Américaine.

 

Que Dieu le préserve pour qu’il puisse mener à bien son programme !

 

 

Aboubacar Fofana

Economiste
Président du Club DLG.

 

 

 Paris le 20 janvier 2009.

Par Aboubacar Fofana - Publié dans : Rétrospective
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