Vendredi 11 novembre 2011 5 11 /11 /Nov /2011 12:31

"Il est inutile de s'acharner sur le triple A"

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Pour Jacques Attali, qui a présidé la Commission pour la croissance, le plan de rigueur de François Fillon n'est pas à la hauteur des enjeux de la crise. Il faut appliquer le "versant de gauche" de son rapport.

Ex-président de la Commission pour la libération de la croissance française, auteur des deux rapports qui portent son nom, Jacques Attali décrypte, dans cet entretien exclusif accordé depuis Washington, le nouveau plan de rigueur. Pour l'ancien conseiller spécial de François Mitterrand, ce deuxième budget n'est pas plus à la hauteur que le premier pour résoudre la crise des finances publiques. Il préconise d'appliquer désormais le versant de gauche du rapport Attali 2, c'est-à-dire de mener "une politique cohérente et globale de lutte contre les injustices et les gaspillages".

 

Président de la commission pour la libération de la croissance française, auteur des deux rapports qui portent son nom, Jacques Attali décrypte, dans cet entretien exclusif qu'il nous a accordé mardi depuis Washington, le nouveau plan de rigueur de François Fillon. François Hollande l'a jugé lundi soir « incohérent, injuste et inconséquent ». L'ancien conseiller spécial de François Mitterrand estime que ce deuxième budget n'est pas plus à la hauteur que le premier pour résoudre la crise des finances publiques françaises. Il préconise d'appliquer désormais le versant de gauche du rapport Attali 2, c'est-à-dire de mener « une politique cohérente et globale de lutte contre les injustices et les gaspillages ».

Comment jugez-vous, à l'aulne des deux rapports que vous avez présidé à la demande de Nicolas Sarkozy sur la « libération de la croissance », le deuxième plan de rigueur présenté lundi par François Fillon ?


Depuis l'été dernier, j'ai dit que le moment de vérité sur les finances publiques françaises viendra avec le projet de budget 2012. Dés la présentation du premier plan Fillon, fin août, j'ai estimé que ce budget n'était pas à la hauteur de la situation et ne changerait rien quant à la survie de la note Triple A de la France. Ne nous faisons pas d'illusion : sur les marchés, la dette française n'est déjà plus AAA. Quand on regarde l'évolution du spread France-Allemagne (l'écart sur les emprunts d'Etat à dix ans, passé de 40 à 120 points de base), la dette française correspond à une note BBB+. Ne faisons pas les choses pour une note perdue. Agissons non pas pour les seuls marchés financiers, mais pour rétablir l'économie française. De ce point de vue, le deuxième plan Fillon n'est pas plus à la mesure du problème que le premier. La raison est simple : nous avons perdu trop de temps et plus nous attendons, plus la marche d'escalier est infranchissable. Dans son deuxième rapport, la commission que j'ai présidé estimait qu'il fallait réduire nos déficits de 95 milliards d'euros sur trois ans. C'était en octobre 2010. Le deuxième plan, qui porte à 18 milliards l'effort cumulé sur 2012 est à l'évidence insuffisant, car il ne nous permet pas de rattraper le retard accumulé dans l'effort d'ajustement. Ce plan ne suffira pas, surtout si la croissance est encore plus faible que prévu, et il est peu lisible. C'est un nouveau saupoudrage de petites mesures qui cherchent à mécontenter le moins d'électeurs possible, dans une optique électorale évidente : ne pas déclencher la colère de la rue. Si le gouvernement était aussi sérieux qu'il l'affirme, il faudrait demander un effort d'au moins 30 milliards d'euros dés 2012 pour mettre la France à l'abri tout de suite. Et le gouvernement ne devrait pas hésiter pour aller vite à augmenter beaucoup plus fortement les impôts. Le rapport de Jean-Philippe Cotis [directeur général de l'Insee] a montré que depuis 2000 et les baisses d'impôts décidées par Laurent Fabius, la France a perdu 22 points de PIB de recettes publiques. On a baissé les impôts, c'est bien, mais en oubliant qu'il fallait baisser en même temps les dépenses. Si on avait gardé le même niveau d'imposition qu'en 2000 -et la France n'était pas, que je sache à l'époque une économie soviétique-, notre dette publique actuelle serait de 65% du PIB, soit 20 points de moins que le taux actuel. L'explosion de la dette n'a donc rien à voir avec la crise. Elle a commencé bien avant. L'erreur commise fut de laisser filer les déficit avec le raisonnement absurde et faux que les impôts cassent la croissance.

A force de faire de la rigueur, pourtant, beaucoup d'économistes craignent que toute l'Europe ne soit entraînée dans une cercle vicieux de récession, à l'image du drame grec...

C'est pourquoi nous avions demandé que l'accélération de la réduction des déficits et de la dette s'inscrive dans une démarche globale. J'avais dit au président Sarkozy que nos rapports constituaient un tout cohérent et qu'il fallait, pour retrouver le chemin de la croissance, en appliquer toutes les recommandations sans exception. Nous n'avons pas réuni une commission pour l'austérité, mais pour libérer les forces de la croissance. Cela passe bien sûr par une réduction massive et rapide de la dette, car toutes les études économiques montrent qu'au-delà de 80% du PIB, la dette devient un frein à la croissance. Elle dissuade les acteurs économiques d'investir et gèle inutilement un excès d'épargne de précaution. Et elle pousse les marchés, c'est-à-dire ceux qui nous prêtent, à demander des comptes. Ëtre en excès de dette, c'est être assuré de se fracasser un jour sur le mur de la réalité. C'est ce qui est arrivé aux Grecs.

Dans le plan que nous avions présenté, nous préconisions donc, en contrepartie d'un rééquilibrage rapide des comptes publics, de mener une politique globale et cohérente de lutte contre les injustices et les gaspillages. Il s'agissait de redéployer l'ensemble des dépenses de l'Etat, de la sécurité sociale et des collectivités locales en ce sens, le seul à même de convaincre la population que le même effort était demandé à tous. Nous proposions d'ailleurs que l'on mette fin à la fiction des deux budgets, de l'Etat et de la Sécurité sociale, parce qu'aujourd'hui, impôts et cotisations sociales, c'est la même chose.

Pour libérer la croissance, nous avions mis en évidence deux priorités : l'école primaire et la formation des chômeurs, pour résoudre les deux principaux goulets d'étranglement de l'économie française. Tout le monde était d'accord dans la commission là-dessus et qu'est-ce que l'on constate : l'école primaire, peu en parlent dans la campagne. Ce n'est pas qu'une question de nombre de maîtres, mais de changement radical de posture sur ce qu'on y apprend et la façon dont on l'apprend. Quand à la formation des chômeurs, c'est le trou noir des projets électoraux. Les partis, les syndicats ne parlent que de ceux qui sont déjà insérés sur le marché du travail. Pour mettre les chômeurs en situation de conversion, nous avions proposé un contrat d'évolution, qui permettrait à une personne qui recherche sérieusement un emploi d'être rémunéré par un contrat de travail et pas par une allocation chômage. Nous proposions même un financement à budget constant, par le redéploiement des cotisations Unedic et des dépenses de formation.

Qu'est-ce qui, à vos yeux, correspondrait à un budget sérieux pour 2012 ?

Si on regarde ce que sont devenues les propositions de nos deux rapports, on observe que beaucoup a déjà été mis en œuvre. La loi de modernisation de l'économie, c'est nous. Le grand emprunt pour les investissements d'avenir aussi. La réforme des professions réglementées, y compris des taxis, a été engagée en partie. En revanche, sur les propositions d'économies que nous avions trouvé, on a fait très peu de choses. Pourquoi la Banque de France coûte-t-elle six fois plus cher (2 milliards d'euros par an) que la Banque d'Angleterre qui, le Royaume-Uni n'étant pas dans l'euro, est une vraie banque centrale. Il y a des dizaines d'économies à trouver. L'inspection des finances a publié cet été un rapport disant que l'on peut sans dommage sabrer 30 milliards d'euros dans les niches fiscales. Qu'est-ce que l'on attend pour le faire. Il y a en France trop d'aides inutiles ou inappropriées.

En désindexant certaines prestations sociales, en 2012, le gouvernement Fillon applique pourtant une de vos recommandations...

Une maîtrise des dépenses sociales est indispensable. Mais prenons garde de le faire en gardant toujours en tête ce souci de la justice. Si on prend des mesures qui touchent au pouvoir d'achat des plus modestes, il faut le faire de façon juste, notamment en mettant sous condition de ressources les allocations familiales, en créant un bouclier sanitaire pour protéger les plus pauvres. La lutte contre les gaspillages et pour la justice sont des facteurs de croissance: voilà ce que devrait être un programme de gauche moderne.

François Hollande n'est-il pas pris dans les filets de la rigueur tendu par Nicolas Sarkozy ?

Le discours à tenir est simple. La France a de facto perdu son Triple A, inutile de s'acharner sur cette note. Ce n'est pas de la faute de la gauche si la France doit mener un politique rigoureuse sur les finances publiques, c'est pour retrouver des marges de manœuvre pour faire une bonne politique économique préservant les Français de la dictature des marchés. Nous en sommes arrivés au point suivant : celui qui perdrait les élections sur la rigueur sera béni par l'histoire ; mais celui qui gagnerait les élections parce qu'il a été démagogique sera banni par l'histoire. Si on doit faire de la rigueur, autant le faire vraiment, pas à moitié : sinon, on récolte les inconvénients de l'impopularité sans gagner les avantages de l'efficacité.

Avec l'accord du 26 octobre, la zone euro approche-t-elle de la sortie de crise ?

Le FESF ne fonctionnera pas. Ajouter de la dette à la dette avec la garantie de l'Allemagne et de la France fera perdre le Triple A à ces pays sans résoudre en rien le problème financier posé. Emprunter pour donner sa garantie à ceux qui ne le peuvent plus est une course en avant suicidaire. Cela ne peut pas marcher. La dernière émission du FESF a d'ailleurs été sanctionnée par les marchés, compte tenu du flou qui entoure cette usine à gaz. Ce qu'il manque à l'Europe, c'est un instrument de croissance. Ce rôle ne peut plus être joué que par la Banque centrale européenne, qui doit faire comme la Réserve fédérale américaine. Il faut donc accroître la pression politique pour la BCE qui est certes indépendante, mais comme c'est écrit dans le Traité, agir en faveur de la croissance et de l'emploi, et pas seulement pour lutter contre une hypothétique inflation. Et l'Europe doit lancer les Eurobonds. L'Union européenne a une chance dans son malheur : en tant qu'institution, elle n'a pas de dette, à la différence de ses pays membres. Il suffirait que chaque pays de la zone euro lui transfère deux points de TVA pour assurer le service de la dette sur des Euro-obligations qui aurait immédiatement du succès auprès des investisseurs internationaux. Il faut en contrepartie transférer la surveillance des budgets nationaux à un niveau fédéral. Que préfère-t-on à la fin : confier notre souveraineté à la Chine ou bien à nous-mêmes...

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La ministre du budget Valérie Pécresse a réagi aux propos de Jacques Attali, les jugeant "irresponsables"

 

Propos recueillis par Philippe Mabille - 11/11/2011
Par Aboubacar Fofana - Publié dans : Finance
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Jeudi 10 novembre 2011 4 10 /11 /Nov /2011 18:33
Le monde : Dysfonctionnement de la justice guinéenne : une préoccupation pour l’Union européenne posté le 10 novembre à 4h21 | mis à jour le 10 novembre à 4h22 | affiché 1594 fois         Le ministre guinéen de la justice, Me Christian Sow et le chef de délégation de l’Union européenne en Guinée, Philippe Van Damme ont procédé mercredi9 novembre dans la salle de conférence du ministère de l’Economie et des Finances à la signature d’un contrat d’assistance technique pour la reforme du secteur de la justice a constaté Guinéenews. Ce contrat d’assistance d’un montant de 1251928 euros permettra au ministère de la Justice d’assurer un rôle de coordination dans la reforme du secteur judiciaire en partenariat avec l’Union européenne en posant les bases les plus urgentes. A l’occasion, le ministre de l’Economie et des finances, Kerfalla Yansané a souligné que l’assistance que l’Union se propose d’accorder à la Guinée à travers le ministère de la justice est très importante du fait qu’elle s’articule autour du renforcement des capacités de la justice. Pour Kerfalla Yansané, dans un pays qui sort d’une longue crise, la justice est un élément essentiel de stabilité politique, social et économique. Et souhaiterait qu’au delà de cette assistance technique quel’Union européenne contribue également à la réhabilitation des infrastructures judiciaires, à la formation des hommes et à la modernisation des textes juridiques. Philippe Van Damme, chef de délégation de ‘Union européenne a, pour sa part, indiqué que l’objectif de l’appui européen à la reforme de la justice est de contribuer au renforcement de l’Etat de droit en Guinée. Car, poursuit-il, seul un Etat de droit consolidé pourra offrir aux citoyens guinéens la stabilité et la sécurité. Et contribuer au développement économique et social en offrant aux investisseurs un climat des affaires plus accueillant. Le diplomate européen a rappelé qu’au delà de la réhabilitation des infrastructures, la reforme de la justice est un changement de comportement et de mentalité. Selon Philippe Van Damme, au cœur de l’indépendance de la justice, il y a le statut de la magistrature et le conseil supérieur de la magistrature. C’est pourquoi, dit-il, il est crucial que dans les prochaines semaines, les textes fondateurs d’une nouvelle justice fassent l’objetd’une concertation large avec toutes les parties prenantesà travers un comité technique de suivi qui sera mis en place pour la reforme dans sa globalité. « Depuis les états généraux de la justice en mars dernier, bien de choses se sont déjà passées…» dira en substance M. Van Damme. Avant d’ajouter que l’Union européenne a mobilisé 1,3 millions d’euros pour cette première phase. Et son bon déroulement conditionnera la deuxième qui portera sur des montants nettement plus significatifs quipermettra de faire un travail durable et en profondeur en 2013. De son côté, le ministre de la justice, Me Christian Sow a mis l’occasion à profitpourinviter les greffiers, les magistrats et l’ensemble de la famille judiciaire et parajudiciaire à un changement de mentalité afin que le justiciable puisse enfin comparaitre en toute confiance devant un juge indépendant, impartiale et crédible. Il a ensuite insisté sur l’impact de la justice sur la paix sociale et la sécurité des investissements pour le progrès économique. Pour le ministre Sow, l’organisation des états généraux de la justice guinéenne les 28, 29 et 30 mars 2011 a mis en relief une série de dysfonctionnement et a permis d’élaborer un plan d’action prioritaire pour sa reforme. Enfin, il a lancé un appel aux partenaires notamment à l’Union européenne pour apporter leur expertise technique et les moyens financiers nécessaires pour la formation du personnel judiciaire guinéen. Faut-il rappeler que cette assistance technique de l’Union européenne à la justice guinéenne vient à point nommé puisque celle ci fonctionne aujourd’hui plus qu’hier dans un désordre marqué par une immixtion permanente de l’exécutif dans son fonctionnement. Le gouverneur de Conakry, Sékou Resco Camara qui vient de ‘’séquestrer’’un avocat dans l’exercice de sa fonction et l’ex préfet de Kindia, le colonel Sékouba Trésor Camara qui a administré une paire de gifle à un juge ne diront pas le contraire. A quand la justice guinéenne cessera t-elle d'être sous les ordres de l'exécutif ? s'interroge nombre d'observateurs.   Mamadou Bailo Barry Conakry, Guinée 224.64.44.41.84 2
Par Aboubacar Fofana - Publié dans : Juridique
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Jeudi 10 novembre 2011 4 10 /11 /Nov /2011 18:02
Société : Etude du phénomène tortionnaire en Guinée : le ministre de la Justice, pas du tout favorable à ce rapport… posté le 10 novembre à 4h25 | mis à jour le 10 novembre à 4h29 | affiché 921 fois         Intitulé ‘’Torture : la force fait la loi’’, c’est le nouveau rapport rédigé et cosigné par des organisations Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT-France), l’Association des victimes parents et amis du 28 septembre (AVIPA), l’Association Même Droits pour Tous (MDT) et l’Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l’Homme (OGDH) sur l’étude du phénomène tortionnaire en Guinée, a constaté votre quotidien Guineenews. Ce rapport de 52 pages qui a bénéficié du soutien financier de l’Union Européenne fait l’état des lieux du phénomène tortionnaire en Guinée principalement depuis 2010, apprend-on de Boursin Clément, Responsable programme Afrique/ACAT France au cours du lancement du rapport devant un parterre de journalistes ce mercredi, 9 novembre. Il a également précisé que « la mission ACAT France a rencontré successivement les autorités guinéennes et internationales ainsi que la société civile, le personnel médical, les avocats, les partis politiques. Elle a pu visiter la maison centrale de Conakry, les prisons de Kindia, Mamou et Labé et a recueilli au cours d’entretiens confidentiels, les témoignages de 36 personnes indiquant avoir été victimes d’actes de tortures, de peines ou de traitements cruels, inhumains ou dégradants commis par des agents des forces de défense et de sécurité essentiellement entre 2010 et 2011 » avant de conclure que « l’usage de la torture décrit dans ce rapport semble pouvoir s’appliquer à l’ensemble du pays d’où la formulation de certaines recommandations au gouvernement guinéen telles que l’incrimination en droit pénal de tout acte de torture, la ratification du protocole facultatif à la convention contre la torture et les mauvais traitements, la présence d’un avocat lors des interrogatoires…», a-t-il achevé. Il reste à savoir, si ces recommandations seront prises en compte d’autant plus que le ministre de la Justice guinéenne, Me Christian Sow aurait affirmé aux différentes organisations cosignataires du présent rapport « mon gouvernement ne prendra pas en compte le passé, il fallait faire un rapport à partir du moment où nous avions pris le pouvoir », des propos rapportés par le Secrétaire chargé à l’organisation à l’OGDH, Souleymane Bah au cours de la conférence de presse. La même source a précisé qu’ils ont reçu au cours de l’entretien, des tentatives d’intimidations de la part du ministre de la justice guinéenne. Outre Me Christian, « les ambassades de France et d’Allemagne sont plus en position d’écoute que de réaction par rapport à notre rapport. On a le sentiment que c’est un sujet qui dérange nos ambassades car il porte sur les atteintes aux droits de l’homme qui peut être mal interprété et instrumentalisé par les politiques. Effectivement, on sent que les ambassades européennes ne prendront pas de position publique par rapport à un tel document de peur d’être instrumentalisé »,ce qui amène Boursin Clément a pensé qu’ils n’auront pas de soutien particulier des chancelleries européennes. Alors à quoi peut-on s’attendre après la publication de ce rapport en Guinée ?   Mame Diallo Conakry, Guinée 224.64.95.92.48
Par Aboubacar Fofana - Publié dans : Juridique
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Mercredi 9 novembre 2011 3 09 /11 /Nov /2011 22:33
Source:Jeune Afrique Militantes, compétentes, obstinées… Elles sont de plus en plus nombreuses à partir à l’assaut de la scène politique et à viser le sommet de l’État. Mais, pour s’imposer, la lutte est féroce. Elle était toujours aussi remontée, Mariama Bayard Gamatié, lorsque nous l’avons contactée pour un entretien. Première Nigérienne à briguer la magistrature suprême, cette fonctionnaire des Nations unies attribue en partie à l’indifférence des médias sa contre-performance à la présidentielle de janvier dernier?: 0,38 % des voix au premier tour, le pire score du scrutin. Comme elle, de plus en plus d’Africaines osent pourtant se porter candidates, sans doute décomplexées par l’élection d’Ellen Johnson-Sirleaf à la tête du Liberia. Mais, pour une seule élue, elles sont des dizaines dans l’antichambre, à jouer des coudes pour exister politiquement. Et être prises au sérieux. Surdiplômées (hormis la Ghanéenne Akua Donkor, chef d’entreprise analphabète qui se présente en indépendante au scrutin de décembre 2012), justifiant de carrières nationales et internationales réussies, les candidates africaines au fauteuil de chef d’État peinent à s’imposer. Première à s’être placée dans les starting-blocks en cette année électorale sur le continent, Mariama Bayard Gamatié en sait quelque chose, elle qui s’est illustrée dans des combats pour les droits de ses concitoyennes. Le public la découvre lorsqu’elle dirige la marche du 13 mai 1991 pour réclamer la prise en compte des femmes lors de la Conférence nationale souveraine. Si les Nigériennes – 52 % de l’électorat – lui doivent leur journée nationale (le 13 mai, férié), on comprend, au vu des résultats obtenus, qu’elle n’a certainement pas recueilli toutes leurs voix. Mais elle a fait de ce combat un véritable sacerdoce, et on l’a aperçue, début mars, à Cotonou, où elle s’était rendue pour soutenir la Béninoise Marie-Élise Akouavi Gbèdo, candidate à la présidentielle pour la troisième fois. Sexisme Désormais ministre de la Justice du gouvernement de Boni Yayi, cette dernière, une avocate de 56 ans, a œuvré dur pour une révision du code de la famille, impliquant notamment la suppression de la polygamie et du lévirat (coutume selon laquelle on considère que la femme fait partie du patrimoine de l’homme), sans que cela se traduise par un gain de voix?: 0,36 % en 2001, 0,31 % en 2006, 0,4 % en 2011. Cela ne l’a pas découragée (elle sera là, affirme-t-elle, pour la présidentielle de 2016), mais elle regrette ce « côté activiste » qui lui colle à la peau. « Mon projet de société prévoyait pourtant de lutter contre les inondations dans le pays, véritable entrave au développement économique, soupire-t-elle. C’est ne parler qu’aux femmes, ça?? » Elle dénonce également le sexisme de certains hommes qui, tout au long de la campagne, n’ont cessé de lui répéter lourdement qu’ils auraient voulu l’avoir pour épouse. Les camarades militantes lui ont aussi tourné le dos. « Nous étions censées être sur le terrain pour la promotion de la femme, mais aucune ne m’a soutenue. Elles préfèrent le tout-cuit, c’est lamentable », accuse-t-elle. Ses seuls véritables soutiens, elle les trouve dans la jeunesse et auprès des femmes des classes moyennes, qui la voient comme un modèle. À en croire Édith Kah Walla, la plus médiatique des trois candidates à la présidentielle d’octobre au Cameroun, les oppositions aux candidatures féminines ne sont pas forcément là où on les attend. « Les plus dubitatifs sont les cadres qui ont fait des études et dont on est pourtant en droit d’attendre une certaine ouverture d’esprit », souligne-t-elle. Quand on lui reproche de n’avoir que son activisme à présenter, en lieu et place d’un véritable programme, elle oppose ses compétences et son expérience dans les domaines économique, social, voire des relations internationales. Elle met en avant ses actions au sein d’organisations comme le Parlement panafricain, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ou la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC). « En tant que chef d’entreprise, j’ai créé une structure intégralement camerounaise qui réalise aujourd’hui 80 % de son chiffre d’affaires à l’international, en compétition avec des consultants du monde entier. Partant de là, je peux légitimement prétendre tirer le Cameroun vers le haut, sachant qu’il dispose des ressources et des compétences nécessaires pour concourir au niveau international. » Visibilité En RDC, lorsque Angèle Makombo-Eboum, présidente et candidate de la Ligue des démocrates congolais (Lidec) pour l’élection du 28 novembre, examine les raisons pour lesquelles une candidate comme Mariama Bayard Gamatié n’a pas pu s’imposer, le manque de moyens financiers lui semble être la première d’entre elles. Ainsi, la Nigérienne n’avait pu effectuer que dix jours de campagne, uniquement à Niamey. La Congolaise s’est donc donné les moyens de trouver des fonds. Après avoir fonctionné grâce à ses propres apports, cette originaire du Kasaï occidental, qui vit depuis vingt-quatre ans entre New York et Kinshasa, affirme avoir lancé une vaste opération de collecte auprès de la diaspora, en particulier aux États-Unis, en France et en Belgique. Elle mise sur les médias pour toucher les populations les plus retirées. Ancienne fonctionnaire des Nations unies, elle revendique également des soutiens à l’intérieur du pays (soutiens dont elle dit respecter les vœux de discrétion). Même chose pour Kah Walla, qui revendique un réseau international important, aussi bien dans le privé qu’au sein des organismes internationaux, qui favorise la visibilité de sa candidature à l’international. Si elle a pu être présente auprès des médias occidentaux, c’est bien grâce à ses relations. Si Angèle Makombo-Eboum reconnaît qu’un scrutin à un tour complique la donne en RDC, elle se console avec le nombre de partis regroupés au sein de la coalition qu’elle dirige (40 partis, contre 400 au total). Car il est évident que l’absence de relais politiques fragilise ces postulantes à la présidentielle. Samia Nkrumah l’a très bien compris. Récemment encore inconnue sur la scène politique ghanéenne, elle est élue députée de Jomoro (dans l’ouest du Ghana) six mois seulement après son retour au pays, en 2008, et réussit à ramener au Parlement le Parti de la convention du peuple (CPP, parti dont elle espère bien porter les couleurs à la présidentielle). Candidate malheureuse à l’investiture du Congrès national démocratique (NDC, au pouvoir), la Ghanéenne Nana Konadu Agyeman-Rawlings avait choisi de composer avec le parti et croyait pouvoir compter sur de solides soutiens, dont ceux des amis de son mari, l’ex-chef de l’État Jerry Rawlings. La déception a été cuisante (3,1 % de voix, contre 96,9 % pour son adversaire). Reste qu’au bout du compte les candidates qui ont le plus de mal sont tout de même celles qui persistent à évoluer en dehors des appareils politiques. C’est probablement pour élargir son réseau de supporters que la Sénégalaise Amsatou Sow Sidibé (seule femme officiellement candidate à la présidentielle de 2012) est en passe de transformer son mouvement en parti. Peu connue des milieux politiques, pour n’y avoir jamais milité, cette juriste professeure d’université, qui se présente comme une « politicienne du développement » et une militante des droits humains, revendique aussi des soutiens auprès des générations de cadres qu’elle a formés. Et affine sa communication, rappelant à ceux qui la soupçonnent de concourir pour mieux négocier un éventuel ralliement au second tour qu’elle a décliné tous les postes ministériels qui lui ont été proposés jusqu’ici, dont celui de Premier ministre. Marie-Élise Akouavi Gbèdo, elle, s’interdit d’adhérer à un parti créé par d’autres, de peur qu’ils ne lui imposent leur vision des choses. Certains ont d’ailleurs tenté de l’enrôler en tant que militante de base. Elle s’y est refusée, estimant que son potentiel aurait dû lui permettre de faire partie de l’équipe dirigeante. Et elle trouve injuste qu’on exige d’elle un mandat électif. « Aucun de nos chefs d’État n’a jamais été ni maire, ni député, ni conseiller. Quand il s’agit de femmes, on exige qu’elles commencent comme maire ou conseiller. Mais lorsqu’un homme débute sa carrière par le haut, on trouve cela normal. » Pas de doute, sur le continent, il y a bien deux poids deux mesures.
Par Aboubacar Fofana - Publié dans : Politique
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Lundi 7 novembre 2011 1 07 /11 /Nov /2011 17:47
Le nouveau plan de rigueur de François Fillon : salé ! 07/11/2011 à 12h49 - mis à jour le 07/11/2011 à 16h21 par La rédaction du Post François Fillon a dévoilé, lundi 7 novembre, un nouveau plan de rigueur. | Montage Le Post (avec MAXPPP) "Je suis à la tête d'un Etat qui est en situation de faillite sur le plan financier". Cette phrase, prononcée le vendredi 21 septembre 2007, avait valu une volée de bois vert à François Fillon lorsqu'il l'avait prononcée... Lundi 7 novembre 2011, c'est une forme de revanche pour le Premier ministre : "Le mot de faillite n'est plus un mot abstrait", a-t-il affirmé au début de sa présentation du nouveau plan de rigueur pour lutter contre le déficit et la dette publique. L'objectif du plan : ramener la France à un déficit nul d'ici à 2016. Pour cela, il faudra "économiser 100 milliards d'euros", explique François Fillon. Le premier plan de rigueur du 24 août devait ramener 11 milliards d'économies d'ici à 2012. Insuffisant. "Ce que nous faisons aujourd'hui, ce n'est pas une rupture, à l'inverse de ce qu'a connu la France en 1983, en passant d'une politique laxiste à une politique d'austérité", a déclaré le Premier ministre, en référence à la présidence de François Mitterrand. Pour arriver à ce résultat, François Fillon a développé plusieurs mesures, qui viendront se rajouter au précédent plan de rigueur annoncé le 24 août. (Images : LCI) La TVA passe de 5,5 % à 7 % Cette hausse concernera tous les produits qui bénéficient de la TVA à taux réduit, sauf ceux de première nécessité. C'est-à-dire ? L'alimentation et les équipements pour personnes handicapées, a précisé le Premier ministre. Il a justifié que cette hausse de la TVA n'était pas une contradiction avec la politique du gouvernement depuis 2007, quand le gouvernement avait permis au secteur de la restauration de bénéficier de ce taux réduit. "Il y a juste une convergence des taux de TVA en Europe", a-t-il expliqué, faisant référence à la volonté de Nicolas Sarkozy de calquer le taux français sur le taux allemand. Nicolas Sarkozy avait vanté, mi-octobre, la baisse de la TVA pour la restauration, lors d'un déplacement dans la Creuse et critiquait la gauche qui voulait revenir sur cette réforme. (images: TF1) Loi Scellier supprimée, prêt à taux zero "recentré" De manière général la réduction des niches fiscales va continuer, avec 2,6 milliards de nouvelles économies. François Fillon a ciblé plus précisemment l'immobilier. La loi Scellier, qui permettait d'acheter plus facilement dans le but de louer le logement, va être totalement supprimée fin 2012. De même, le prêt à taux zéro va être "recentré pour en limiter le coût". Retraites : l'âge de départ à 62 ans accéléré Comme l'annonçait Les Echos lundi matin, François Fillon a annoncé que le report de l'âge légal de départ à la retraite à 62 ans allait être mis en place dès 2017 au lieu de 2018. Au total, cette mesure devrait rapporter 4,4 milliards d'euros à l'Etat. Baisse de l'augmentation des aides sociales François Fillon a annoncé que pour l'année 2012, les prestations sociales ne seront pas indexées sur l'inflation, mais sur la croissance. Elles augmenteront donc de 1 % seulement. "Nous ne pouvons pas distribuer des ressources que nous n'avons pas", s'est-il justifié. Plusieurs autres mesures ont été présentées, comme le gel des salaires des membres du gouvernement, des diminutions de coûts pour la Santé ou encore une plus faible croissance des aides sociales. Au total, pour arriver à zéro déficit d'ici 2016, il faudra 115 milliards d'euros de réductions des coûts. Le plan actuel propose 65 milliards d'euros d'ici 2016, sans compter les précédentes réformes annoncées le 24 août. Sources : LCI , Le Figaro rigueur , plan de rigueur , dette publique , baisse de la tva dans la restauration , hausse de la TVA , Retraite à 62 ans , salaire des ministres , salaire du Président , dépenses de santé , Politique , Economie Le groupe La rédaction du Post > À LIRE AUSSI SUR LE POST •Plan de rigueur : "courage" pour la droite, "contresens" pour la gauche •Plan de rigueur : Fillon veut accélérer la réforme des retraites •Fillon annonce l'austérité : l'opposition lui en tient rigueur
Par Aboubacar Fofana - Publié dans : Politico-économique
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